Réuni ce samedi 13 juin à Ziguinchor, le comité directeur de la célèbre association écologiste Océanium Dakar a officialisé l’exclusion définitive de Birahim El Ali et réinstallé son leader historique, Haïdar El Ali, à la présidence. Une mise au point administrative doublée d’un sévère cri d’alarme sur l’urgence climatique nationale.

L’association historique Océanium sort d’une intense zone de turbulences juridiques. Ce samedi, ses instances régulières se sont réunies en Casamance pour acter la fin d’une dissidence interne qualifiée de « tentative de coup d’État ». Par la voix de son secrétaire général adjoint chargé de la communication, Mamadou Diop Thioune, l’organisation a clarifié sa gouvernance à la suite des événements du 14 février dernier, jour où Birahim El Ali avait convoqué une assemblée parallèle pour s’emparer de la présidence.
La réplique administrative n’a pas tardé : le ministère de l’Intérieur a officiellement validé l’assemblée générale régulière, scellant la destitution de la faction dissidente. « Par le respect de nos procédures, nous avons tenu une assemblée générale qui a été validée et déclarée au niveau du ministère de l’Intérieur », a martelé Mamadou Diop Thioune. Le comité directeur a ainsi notifié l’opinion et ses partenaires financiers de la révocation immédiate de toutes les procurations de Birahim El Ali. Une mesure de radiation radicale qui s’étend également à l’ensemble des travailleurs de la base de reboisement ayant soutenu la fronde.

Désormais réinstallé à la tête de l’ONG, le patriarche vert est apparu déterminé à tourner la page de cette trahison interne : « Il y a des gens que j’ai nourris de mon sang, que j’ai formés de ma sueur pendant des années (…) et qui se sont sentis le droit d’usurper mes fonctions sous prétexte que je serais trop vieux ou impotent », a regretté amèrement Haïdar El Ali. Affaibli physiquement par un récent accident, le leader a balayé les critiques d’un revers de manche : « J’ai mal aux pieds, mais cela ne fait pas de moi un impotent. Je viens réclamer mes droits. Je suis à nouveau debout et je vais continuer à me battre pour l’environnement ».
Fidèle à ses combats, le président de l’Océanium a immédiatement recentré les débats sur l’urgence écologique. De retour d’une mission à Koyli Alpha (Djolof), où le thermomètre a affiché un inquiétant 46 degrés à l’ombre, il a prophétisé l’arrivée d’un choc climatique majeur lié au phénomène El Niño, annoncé comme le plus puissant depuis cinquante ans.
Haïdar El Ali n’a pas non plus ménagé ses mots à l’encontre de la gestion passée des ressources maritimes, dénonçant avec vigueur la signature massive d’une centaine de licences de pêche par l’ancienne ministre juste avant son départ : « Au moment où on la destitue, elle vend une centaine de licences. Vraiment, quelle inconscience ! », s’est-il indigné.
Déplorant enfin l’attentisme des populations face aux opportunités de développement durable notamment : le manque d’engouement pour les plants gratuits de palmiers Tenera à haute valeur économique, l’Océanium entame sa restructuration avec le déploiement imminent de nouvelles directions techniques pour faire face aux périls de demain.
