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Missirah Sirimana : la jeunesse dénonce le calvaire de la route Saraya-Saïensoutou et menace de passer à l’action

‎‎L’état de dégradation avancée de la route reliant Saraya à Saïensoutou, en passant par Missirah Sirimana, continue d’alimenter la colère des populations. Ce samedi, le Conseil consultatif de la jeunesse de la commune est monté au créneau lors d’un point de presse organisé au foyer des jeunes pour dénoncer ce qu’il qualifie de « marginalisation » et d’« abandon » des habitants de cette partie du département de Saraya.‎‎

Vieille de plus de trente ans, cette route, qui constitue pourtant l’unique axe reliant plusieurs villages au reste du pays, est aujourd’hui dans un état d’impraticabilité avancé. Chaque hivernage, elle se transforme en un véritable parcours du combattant, isolant des milliers de personnes pendant plusieurs mois.‎‎« La route Saraya-Saïensoutou est devenue un véritable calvaire pour les populations. À chaque saison des pluies, elle devient impraticable pour les véhicules, les ambulances, les commerçants, les élèves et les travailleurs », a déclaré Tamba Dansokho, président du Conseil consultatif de la jeunesse de Missirah Sirimana.‎‎

Selon lui, la situation dépasse largement la simple question de mobilité. « C’est désormais une question de vie ou de mort », a-t-il insisté, évoquant les nombreux drames enregistrés au fil des années : des malades décédés lors d’évacuations sanitaires, des femmes contraintes d’accoucher en pleine route faute d’avoir pu atteindre une structure de santé, ainsi que des accidents récurrents causés par le mauvais état du tronçon.‎‎ En ce début d’hivernage, plusieurs véhicules se sont déjà embourbés ou renversés sur cette route, occasionnant d’importants dégâts matériels et renforçant le sentiment d’abandon ressenti par les populations.

Face à cette situation, la jeunesse de Missirah Sirimana réclame la réhabilitation urgente et définitive de la route Saraya-Saïensoutou ainsi que la construction d’ouvrages de franchissement capables de garantir la circulation en toute saison.‎‎ Au-delà des infrastructures routières, les jeunes ont également dénoncé les insuffisances du système sanitaire local. La commune, vaste et enclavée, ne dispose que de deux ambulances pour couvrir les besoins de sept postes de santé. Ils ont aussi mis en avant les difficultés d’accès à l’eau potable et à l’électricité dans plusieurs villages.‎‎ Présent à cette rencontre, Abou Dansokho, troisième adjoint au maire de la commune, a apporté son soutien à cette démarche citoyenne.

« Ce combat est noble. Il s’agit d’un problème qui concerne tout le monde et qui touche directement à la vie des populations », a-t-il déclaré, annonçant la tenue prochaine d’une marche impliquant toutes les couches sociales pour amplifier le plaidoyer.‎‎ Déterminée à se faire entendre, la jeunesse de Missirah Sirimana prévient qu’elle restera mobilisée jusqu’à l’obtention de réponses concrètes des autorités. « Nous ne demandons pas des privilèges. Nous réclamons simplement nos droits fondamentaux en tant que citoyens sénégalais », a conclu Tamba Dansokho, avant d’avertir que des manifestations pourraient être organisées si aucune solution n’est apportée à cette situation qui perdure depuis des années.

‎‎Fily Cissokho ‎

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