Au pays Diola, le neveu occupe une place prépondérante dans la famille voir dans la société. « Un sompoule »est celui dont la maman est Diola où originaire de la Casamance. Il faut résider en Casamance pour connaître cette belle contrée du Sénégal où il fait bien de vivre. A Loudia Wolof, village de mes aïeux, localité située à 7km d’Oussouye, j’y ai fait une bonne partie de mes humanités. Quand je suis allé là-bas en compagnie de mon frère Cheikh Tidiane BA, nous étions de petits citadins dans un milieu inconnu mais tellement exaltant. La particularité de la Casamance, c’est l’identité locale qui prime sur l’appartenance ethnique. Là-bas, nous sommes tous de culture Diola et naturellement, nous sommes tous des polyglottes. Nous parlons Diola, Mandingue, Peul, Baynouk, Mankagne, Créole, Oulof. La Casamance est une terre bénie avec une belle verdure, un beau paysage, des fleuves et des lacs partout. Et cerise sur le gâteau, on y trouve tous les fruits. Dans le » Kassa », nous avons un chef coutumier qu’on appelle le « Mane », c’est le roi d’Oussouye. C’est un homme de paix et de dialogue. Mes souvenirs d’enfance me replongent dans une gaîté incommensurable. C’est à Loudia Ouloff où moi, ce petit Peul, a appris à nager et à grimper. A l’époque, après le CEP et l’entrée en 6ème, je suis allé à Oussouye pour y poursuivre mes études au CEM Aline Sitoe DIATTA ( devenu maintenant Lycée). J’en profite pour présenter mes condoléances à la famille de notre tuteur Ciré Ndiaye. Chez lui, c’était comme une ambassade, tous ceux qui n’avaient pas d’attaches à Oussouye, y habitaient tranquillement. Qu’Allah l’accueille dans son paradis Firdawsy. Amine. Un autre moment aussi de grande communion avec tous les habitants, c’est le « Kamaguéne ». On se rendait à Mlomp pour y passer la journée. Retenez aussi que pour nous autres musulmans, c’est nous qui égorgions les poulets ou les chèvres pour la restauration. C’est vous dire combien de fois les Diolas sont un peuple adorable. J’ai tellement d’anecdotes de la Casamance à dire pour y avoir vécu. En milieu Diola, le respect de la parole donnée est érigé en religion. Entre autres particularités, les Diolas ne mendient pas et ne volent pas non plus. Tout est laissé à ciel ouvert car personne n’ose prendre le bien d’autrui sans son accord. Dans cette belle région du Sud, il y a d’une part les Diolas et d’autres part toutes les autres ethnies qu’on appelle communément » A Mandinguaw » où nous vivons dans une parfaite harmonie. A Loudia Wolof où réside ma grand-mère Fatoumata DIALLO, c’est la doyenne d’âge de ce village précédemment chef lieu d’arrondissement avant l’acte III de la décentralisation. A côté, il y a Loudia Diola, Diakéne Diola, Diakéne Ouloff, Effisao, Samatite, Houkout, Sam Sam, Elinkine, Kagnoute, Diembering, Cap Skiring. J’ai fait toutes ces localités quand j’étais collégien. C’est vous dire, il faut bien connaitre les réalités sociologiques d’une zone avant d’émettre des jugements sans fondement. Ce qui nous lie est plus fort du détail qui pourrait nous diviser. J’en doute d’ailleurs. La Casamance et le Sénégal oriental partagent beaucoup de similitudes. Le Sénégal est un et indivisible. D’ailleurs, nous sommes un peuple mixte voir métissé. Combien sommes nous ayant des parents d’ethnies différentes où des épouses d’ethnies différentes également. Que la paix règne dans ce beau pays.
