Ce vendredi 25 février 2022 s’est tenue à la salle Océan de l’Hôtel Radisson Blu une rencontre
gouvernement / syndicats d’enseignants représentatifs. Cette rencontre présidée par Madame
le Ministre de la Fonction publique et du renouveau du service public Madame Mariama SARR
en charge du monitoring avec la présence des ministres :
- Monsieur Abdoulaye Daouda DIALLO, Ministre de l’économie des finances et du
Budget ; - Monsieur Mamadou TALLA ministre de l’Education Nationale ;
- Monsieur Samba SY ministre du travail et des relations avec les institutions ;
- Monsieur Dame DIOP ministre de l’enseignement technique de la formation
professionnelle et de l’Apprentissage ; - Monsieur Assane DIOP, ministre conseillé,
- Monsieur Siguini SY, ministre conseillé;
- Madame le Président du HCDS,
- Le président du CDF/SEF
- Les organisations de la société civile actives dans le secteur de l’éducation notamment,
la COSYDEP, FENAPES, UNAPES, CN-EPT, CN-EPT-IDAY
Résumé de la rencontre du 25 Février 2022
✓ La prime scolaire initialement prévue à 60000frc lors de la rencontre précédente passe maintenant à 80000
✓Le gouvernement a assuré que les augmentations avancées sont les nets à payer qui s’ajouteront sur les bulletins de salaire
✓Concernant les échéances il n’y a pas de changement. La première augmentation sera effective fin Mai 2022 et la seconde début janvier 2023
✓Les Syndicats du moyen secondaire, SAEMS et CUSEMS )ont décidé de consulter leur base avant de lever le mot d’ordre
✓ Un décret sera pris pour changer le statut des décisionnaires afin de voir comment les intégrer dans la fonction publique
✓ Une autre rencontre est prévue le 3 Mars 2022 entre le MEN et le G7 pour discuter des autres points
Les Syndicats du G5(qui regroupent essentiellement les enseignants de l’élémentaire et du préscolaire) ont décidé de lever leur mot d’ordre. En effet, 5 sur les 7 syndicats ont signé – le SIENS- LE SELS- L’UDEN- LE SELS A- SNELAS/FC ont accepté les propositions du gouvernement et les ont matérialisées par leur signature.Le document qui résume l’ensemble des Accords a été paraphé et confié au ministre des finances jusqu’à lundi pour être démultiplié.Le CUSEMS de A.Ndoye et le SAEMS de Sawrou Sène ont demandé de partager le document avec leurs bases pour recueillir leurs avis.
Pourquoi avons -nous décidé de lever le mot d’ordre? (Abdou FATY, SELS/A)
Contrairement au SAEMS et au CUSEMS, les cinq autres syndicats membres du G7 ont accepté de lever le mot d’ordre de grève. Ces syndicats ont accepté de signer le protocole de du 25 février 2022 par l’assurance de la société civile qui s’est portée garante de faire respecter par l’Etat ses engagements signés.
C’est Abdou Faty du SELS/A qui a parlé au nom de ces cinq syndicats signataires.
« Après 15 tours d’horloge, on a pu stabiliser quelque chose avec le gouvernement. Nous sommes seulement motivés par la stabilité de l’école. Après la tournée au niveau national on avait des impératifs, est-ce que les chiffres que le gouvernement a avancés par rapport au net à payer pour les enseignants étaient avérés ?. Mais le ministre des Finances devant la société civile l’a confirmé. 2e impératif, le ministre de l’éducation nationale devrait prendre date avec nous pour régler les questions aussi importantes que les arabes, les classes multigrades, la modification de l’arrêté du CFE à savoir les textes et à savoir également les copies. 3e impératif et on a pris date pour le 3 mars et Madame le ministre de la fonction publique également s’est engagé pour le 4 mars à examiner avec nous les textes qui régissent nos camarades des questions fondamentales » explique Abdou Faty.
Cependant, souligne avec insistance le SG du SELS/A qu’au-delà de l’aspect pécuniaire, « nos préoccupations comme les lenteurs administratives on s’est donné rendez-vous pour que toutes les plateformes de dialogue du ministère de la fonction publique au ministère des Finances en passant par l’éducation que ces fonctions soient des plateformes, soient opérationnelles et que les lenteurs administratives puissent être un mauvais souvenir » liste Faty.
Ainsi, se basant sur ces faits, ils ont décidé de lever le mot d’ordre. « Fort de cela et en constatant naturellement par rapport à la question sur l’écart consacré entre les PCMG et les instituteurs, il y a un petit effort, nous avons jugé nécessaire de signer ce protocole d’accord. De suspendre le mot d’ordre. Nous en toute responsabilité on avait des impératifs au-delà des aspects pécuniaires : les questions aussi importantes que les indemnités c’est la question des délais de rappel, la question des décisionnaires, la question de lenteur administrative en plus effectivement de la volonté de réduire les écarts. Les iniquités entre professeurs PCMG et instructeurs, un pas est fait. Nous avons jugé nécessaire que devant des garants on a mis sur pied pour la première fois un comité de suivi avec toute la société civile, les parents d’élèves et également toutes les personnalités qui s’occupent de l’éducation nationale, on a paraphé (les 5 syndicats), ce protocole d’accord. On a décidé de suspendre le mot d’ordre. On a poussé le gouvernement à affirmer devant tout le monde sa décision de respecter l’application du protocole » dira Faty.
Il termine par dire qu’ils ont mis un comité de suivi composé des parents d’élèves, de la société civile « qui ont pris l’engagement de surveiller et dès le mois de mai si rien n’est fait ils seront les premiers à dénoncer cela et à nous accompagner à recommencer la lutte » explique Abdou Faty.
« nous n’avons pas encore signé un protocole parce que si nous devons signer le protocole c’est à nos bases de nous dire de signer le protocole ou pas » (Abdoulaye NDOYE, CUSEMS)
Après une longue journée de négociation avec le gouvernement du Sénégal, les syndicats du SAEMS et du CUSEMS ont refusé de signer le protocole d’accord de février 2022 élaboré pour enfin suspendre le mot d’ordre de grève.
Devant la presse tard la nuit, les secrétaires généraux desdits syndicats ont donné les raisons de leur refus.
« Nous avons une tradition syndicale démocratique qui consiste à partager ces propositions avec nos bases. C’est la raison pour laquelle à la fin de cette réunion, notre comité technique a déjà rédigé le procès-verbal qui a sanctionné les travaux de ce matin. Ce procès-verbal, à l’heure où je vous parle, a été déjà transmis à nos bases. Nos organisations syndicales se retrouveront demain à partir de 16h pour non seulement échanger et tirer encore les leçons ou les conséquences de la rencontre de ce matin » explique d’emblée Abdoulaye Ndoye SG du Cusems.
Poursuivant il explique que « cette décision encore une fois de plus ne dépend pas de nos directions. Elle dépend et comme de tradition à nos bases et dès que cette décision nous sera notifiée mais bien entendu nous partagerons avec le gouvernement du Sénégal et les sénégalais de façon générale ».
« L’enlever d’un mot d’ordre de grève se matérialise par la signature d’un protocole nous n’avons pas encore signé un protocole parce que si nous devons signer le protocole c’est à nos bases de nous dire de signer le protocole ou pas. L’autre élément aussi, c’est une remarque que nous avons faite dans la salle, la lutte que nous menons elle était destinée à obliger à exiger du gouvernement du Sénégal mais le respect du protocole du 30 avril 2018 donc tous les travaux que nous avons faits dans cette dynamique, sont des travaux qui peuvent être sanctionnés par un procès-verbal sinon parce que si nous venons encore aujourd’hui s’il y a un protocole sur l’autre protocole pour nous ça n’aurait pas de sens. C’est la raison pour laquelle nous avons été à la partie gouvernementale laissez-nous nous référer à nos bases comme nous le faisons d’habitude et nous vous reviendrons » explique le syndicaliste
Il ajoute pour dire que « sur la question de l’indemnité d’enseignement, nous avions souhaité quoi qu’on dise, qu’on la porte à 80% entre autre point sur lequel nous avions émis nos exigences ou en tout cas nos souhaits maintenant dans une discussion aussi il faut reconnaître que le gouvernement propose nous nous faisons des comptes propositions et au finish il faut qu’on retienne quelque chose. Pour le moment, retenez que ce que le gouvernement a retenu et nous allons partager cela avec nos bases… »
Le rôle de la société civile« nous sommes les garants du respect du protocole d’accord par l’État »
La société civile était l’arbitre de ces discussions entre l’Etat et les syndicats. Présente début jusqu’à la fin, les membres de la société civile se sont portés garants de la signature du protocole par les cinq syndicats : Sels, l’Uden, Sneils, Siens. « Nous pensons grâce à Dieu parce que parmi les 7 syndicats, cinq ont signé le protocole d’accord. Les deux autres ont demandé de leur permettre de retourner à la base. Le lundi après-midi, ils donneront leur position » explique Seydi Babacar Sy Ndiaye qui a porté leur parole.
Face à la presse tard la nuit de ce samedi 26 février 2022, il précise que « nous sommes les garants du respect du protocole d’accord de la part de l’État. Nous nous constituerons en comité d’alerte pour rappeler le gouvernement le respect de ses accords pour éviter les grèves cycliques »
