
En conseil des ministres tenu le 15 mars, le chef de l’Etat, Macky SALL a demandé à son Gouvernement de faire l’évaluation de la mise en œuvre du programme d’urgence pour l’insertion socio- économique et l’emploi des jeunes et la réflexion stratégique sur la politique nationale de jeunesse. Pour rappel, le Chef de l’Etat avait décliné son initiative en faveur des jeunes, en Conseil des ministres du 10 mars 2021, pour la mise en œuvre du Programme » XËYU NDAW ÑI », doté, sur le budget de l’Etat, de 450 milliards de FCFA sur trois (3) ans (2021, 2022 et 2023). Après donc deux années de déploiement au plan national, le Président de la République a demandé au Premier Ministre de présenter avec les ministres concernés le bilan exhaustif du programme » XËYU NDAW ÑI », en termes de recrutements spéciaux réalisés, de formations (3FPT) effectuées, de financements DER/FJ accordés et de contrats signés dans le cadre de la Convention Nationale Etat- Employeurs (CNEE). Le Président de la République a, en outre, demandé au Premier Ministre de capitaliser les résultats du programme » XËYU NDAW ÑI », dans une dynamique de proximité, d’équité (avec la correction territoriale) et d’élargissement vers de nouvelles cibles jeunes dans les départements et communes. En cette année sociale, le Président de la République a exhorté le Gouvernement à accorder une attention permanente au renforcement de l’employabilité des jeunes et à leur insertion, notamment, par l’entreprenariat et le volontariat dans des secteurs bien identifiés. Il a ainsi requis l’application intégrale de la loi sur le volontariat et l’amplification des interventions du Service civique national.
Dans le même sillage, le Chef de l’Etat a invité le Ministre de la Jeunesse à engager, sous la supervision du Premier Ministre, la tenue, d’ici fin avril 2023, de concertations impliquant l’ensemble des acteurs – et visant entre autres : le renouveau de la vie associative ; l’accélération de l’édification des Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté et la préfiguration de leur système de gouvernance en responsabilisant les jeunes sous l’encadrement des services de l’Etat ; la mise en œuvre adaptée du PSE/Jeunesse (avec des déclinaisons territoriales) conforme à nos valeurs, aux enjeux socio-économiques actuelles et aux aspirations légitimes des jeunes du Sénégal dans un monde en mutation.
Clôturant la thématique, le Président de la République a informé de la tenue d’un Conseil présidentiel sur la Jeunesse, au courant du mois de mai 2023, en présence de toutes les composantes jeunes du Sénégal. Le Chef de l’Etat a, également, indiqué au Ministre de la Jeunesse, de l’Entreprenariat et de l’Emploi, l’importance de développer, en relation avec le Ministre du Travail et le Patronat, les contrats relevant de la Convention Nationale Etat- Employeurs, afin d’accélérer l’insertion progressive des jeunes diplômés dans le secteur privé ou dans certaines entreprises publiques indiquées. Après deux années de mise en œuvre, Macky SALL veut donc un bilan de son initiative. Le chef de l’Etat souhaite visiblement comprendre pourquoi l’écrasante majorité de cette jeunesse, pour laquelle il croit avoir beaucoup fait, lui a tourné le dos. Macky SALL veut comprendre ce qui a été fait de ses recommandations. Mais seulement voilà, la DER/Fj va étaler ses montants alloués aux jeunes et ses ministres lui présenteront des nombres, mais ils ne lui diront jamais comment.
63 650 emplois sur les 65 000 prévus : 63 650 jeunes en colère !
Dans son discours à la nation le 03 Avril dernier, Macky s’est à nouveau vanté d’avoir créé 63 650 emplois sur les 65 000 dans le cadre du programme ‘’xeyu Ndaw Ni’’. En outre, 14 150 jeunes débutants ont bénéficié de la Convention Etat-employeurs, sur l’objectif initial de 20 000. Mais ce qu’il ignore, ce sont 63 650 jeunes recrutés sont en vérité 63 650 jeunes en colère. En colère parce qu’ils sont réduit à faire un travail qu’ils n’ont jamais voulu. Ce sont des bacheliers, des diplômés d’universités, qui sont obligés, fautes de choix, fautes de « bras longs », déçus par leur Gouvernants, qui vivent dans la précarité. Dans tous les pays, l’expérience montre que si la diffusion de connaissances livresques permet d’avoir un diplôme, elle ne suffit pas pour offrir la qualification nécessaire à l’emploi ou à l’auto emploi
63 650 jeunes recrutés de façon discriminatoire et partisane ?
En annonçant son fameux programme ‘’xeyu Ndaw Ni’’, de bonne foi très certainement, Macky SALL avait bien décliné des critères dont la transparence et l’équité territoriale. « Il faut un recrutement territorialisé. Dans chaque commune du pays. Territorialiser les recrutements, faire en sorte que toutes les communes, tous les départements soient touchés » avait dit le chef de l’Etat. Es-ce véritablement le cas ? Et selon toute vraisemblance, ces hommes de confiance ont fait ce qu’ils voulaient. ». Dans le cadre de l’amélioration du système éducatif et de la lutte contre le chômage, le président de la République Macky Sall avait annoncé le recrutement de 65.000 jeunes, dont 5.000 enseignants. Dans ce cadre, le processus de recrutement des 5.000 enseignants a été lancé le 03 Mai 2021, par lettre circulaire, N° 00031 du 30 Avril 2021. A cet effet, le ministre de l’éducation nationale d’alors, M. Mamadou Talla avait lancé l’appel à candidature pour le recrutement de 3.650 enseignants pour le préscolaire, l’élémentaire et le Daara, et de 1.350 pour le moyen et le secondaire. Ainsi donc tout Sénégalais âgé entre 18 et 40 ans pouvait postuler en ligne via la plateforme « recrutement.education.sn »,. Ainsi, 152 050 demandes de candidature de toutes les régions et aussi de l’étranger ont été reçues, dont 93 079 pour le préscolaire et l’élémentaire, 38 696 pour le moyen, 18 831 pour le secondaire et 1 441 pour les Daaras.
Mais contrairement à tous les autres concours organisés dans le pays, la liste définitive des candidats retenus n’a jamais été rendue publique. Et pour cause ! Ce recrutement s’est avéré être un gâteau partagé entre politiciens, syndicalistes et agents du MEN. Deux années après le recrutement, les langues commencent à se délier et les révélations font froid dans le dos. En effet des candidats n’ayant pas le BAC, qui était le diplôme le plus faible requis, ont été enrôlés dans l’enseignement. Ils sont plus d’une centaine, à être enrôlés comme PC. Des syndicalistes sont également cités par notre source pour avoir bénéficié de quotas. Voilà ce qui pourrait justifier leur silence assourdissant à la fin du processus. Plus grave, des politiciens se sont servis de ce prétexte pour enrôler ‘’leurs jeunes’’ surtout dans la région de Matam.
Des régions bien plus favorisées que d’autres ?
C’est l’une des raisons de la frustration et de la colère d’une partie de la jeunesse. Le chef de l’Etat, Macky SALL, se demande très certainement pourquoi l’écrasante majorité des jeunes lui ont tourné le dos, malgré ses efforts. Des milliers de jeunes côtoient en effet, au quotidien, d’autres jeunes, moins diplômés qu’eux et qui sont recrutés dans la fonction publique. Des jeunes recrutés au détriment du pauvre sénégalais méritant, qui n’a commis qu’un seul tort « être le parent ou le proche de de personne ». Des actes posés à la limite répugnants et révoltants, qui vont à l’encontre des principes d’équité et de transparence chantés sur tous les toits par le chef de l’État.
Pour plus d’efficacité : le processus d’unification des systèmes d’information des structures publiques de soutien à l’Entrepreneuriat lancé .
A l’entame de sa communication, en conseil des ministres tenu le 12 Avril 2023, le chef de l’Etat a donné des pistes de réformes qui pourraient ouvrir de nouvelles perspectives pour les chercheurs d’emploi. En effet, le Président de la République a abordé l’accélération des financements pour la promotion de l’entreprenariat. Dans cette perspective, il a insisté sur la place centrale de l’Entreprenariat dans l’insertion socio-économique des femmes et des jeunes ; position renforcée par son initiative de mise en place de différents dispositifs d’encadrement et de financement, en vue de soutenir et valoriser, dans l’équité territoriale, la dynamique entrepreneuriale des jeunes et des femmes. Après avoir salué l’action de toutes les entités publiques engagées dans l’émergence d’une culture nationale d’entreprenariat et exhorté les ministères et structures concernés à consolider la mise en synergie de leurs interventions afin d’asseoir une efficacité globale de l’Etat dans la prise en charge des besoins de formation, d’encadrement et de financement des cibles, le Chef de l’Etat a demandé au Premier Ministre de finaliser, avant fin mai 2023, le processus d’unification des systèmes d’information des structures publiques de soutien à l’Entrepreunariat (DERFJ, 3FPT, ANPEJ, APDA, FONGIP, PROMISE, FONAMIF, et les différents fonds pour l’entrepreunariat féminin…).
