C’est dans une cérémonie sobre que plus d’une vingtaine de syndicats de travailleurs ont remis leurs cahiers de doléances au chef de l’Etat, Macky Sall. Prenant la parole devant les secrétaires généraux desdites organisations syndicales, le président de la République annonce «La célébration de la fête du travail m’offre une fois de plus l’occasion d’adresser à toutes les travailleuses et toutes les travailleurs du pays mes vives félicitations et mes meilleurs et mes meilleurs vœux de bien être et de réussite. C’est toujours avec un réel plaisir que je vous rencontre aujourd’hui, car le monde que vous représentez est une véritable source de résilience, d’enrichissement et de dignité. Cette fête est donc la vôtre par excellence mais il ne faut pas qu’elle soit exclusive mon cher Mademba Sock. Il faut bien accepter que le patronat puisse prendre la parole lors des discours des travailleurs ne serait-ce que pour les engager sur ce que vous avez dit et pour renouveler leurs engagements devant le chef de l’Etat par rapport à l’année qui vienne », a –t- il souligné. « Cette fête est donc la vôtre par excellence et elle marque le souvenir des sacrifices consentis par les travailleurs pour l’amélioration de leur condition de vie et de travail. Ces conditions, il faut le dire. Elles sont regrettées. Elles se sont considérablement détériorées sous l’effet combiné du Covid-19 et d’une guerre majeure dont l’issue reste incertaine »,a affirmé le chef de l’Etat, Macky Sall . A l’en croire, avec le ralentissement de l’activité économique et la perturbation des chaînes d’approvisionnement des emplois ont été perdus et le coût de la vie s’est réduit. « Dans ce contexte difficile, le gouvernement est resté au côté des travailleurs et des ménages. Ainsi malgré les contraintes budgétaires[H1] nous avons pris des mesures sociales comme la revalorisation significative des agents de l’Etat pour un montant cumulé de 238 Milliards de FCFA sur 2022 et 2023. La subvention des produits énergétiques, la baisse des taxes des denrées de première nécessité pour soulager les consommateurs mais notamment la baisse du coût du loyer », a expliqué M. Sall . Selon lui, « Il faut aussi tempérer certaines demandes car le tout doit être soutenable pour que nous puissions avoir des mesures durables. Je voudrais vous rassurer sur ma préoccupation d’alléger autant que possible le coût de la vie des masses laborieuses. J’ai évoqué tantôt la conjoncture morose qui s’est emparé des économies tout le monde en souffre, employé comme employeur ».
. « Je salue les innovations apportées dans l’organisation des élections de représentativité. »
Ce qui rend encore plus indispensable le dialogue social et la négociation « pour apaiser les esprits, instaurer la confiance, consolider la stabilité sociale en ayant comme souci principal de préserver l’outil de travail et les emplois », a –t- il déclaré. « C’est l’option que nous avons choisie pour un dialogue innovant et de qualité. J’en veux pour preuve sans être exhaustif l’institution du Haut conseil du dialogue social au Sénégal et l’intuition des comités de dialogue social dans les entreprises. Les conférences sociales comme cadre de réflexion sur les problématiques majeures vous les avez abordés dont la première avait permis en 2014, la signature d’un pacte de stabilité sociale. La mise en œuvre du renforcement du dialogue social dont l’objectif principal est de contribuer par une approche tripartite, a instauré une stabilité sociale durable, propice à la protection du travail décent et à l’efficacité économique. Enfin l’organisation régulière d’élection de représentativité syndicale qui favorise la démocratie sociale même si n’y a pas encore assez de femmes à la tête des organisations sociales .Mais au moins elles font 30% dans les organisations syndicales. Je salue à ce propos les innovations apportées dans l’organisation des élections de représentativité avec notamment l’introduction d’un seuil de répétitivité syndicale et du vote électronique dans le secteur de l’éducation été de la formation ».
. « Il faut appliquer la loi dans toutes ses rigueurs dans ce cas .Un jour de grève, c’est un jour sans salaire. »
Lors de cette rencontre, le chef de l’Etat a soldé ses comptes avec des « grévistes » qui perturbent parfois la fonction publique. Selon lui « Il y a des grèves illégales, des grèves sans préavis, des grèves qui n’ont rien à voir avec les revendications sociales des travailleurs doivent être prohibés et puni parce que la loi c’est la loi. Je pense qu’aussi il y a le cahier de doléances des centrales, il y a le cahier de doléances du gouvernement et du président de la République. Moi je veux bien payer mais il faut aussi que la productivité et le travail suivent. On ne peut pas tous les jours sans préavis se mettre en grève. c’est violé la loi. Moi je dis au gouvernement, il faut appliquer la loi dans toutes ses rigueurs dans ce cas .Un jour de grève, c’est un jour sans salaire. C’est le minimum qu’on peut faire. Nous devons pouvoir nous accorder le dessus dans le cadre d’un nouveau pacte de stabilité », a –t- il souligné en faisant référence aux enseignants grévistes qui ont subi des ponctions dans leurs salaires du mois d’avril dernier. S’adressant directement aux organisations syndicales qui revendiquent toujours une revalorisation salariale, il ajoute « Mais je veux être claire avec les centrales syndicales. L’Etat ne peut plus augmenter les salaires. Ce n’est plus possible On a fait le maximum qu’on pouvait faire. Le gouvernement reste clair sur ce traitement salarial. On ne peut aller au-delà parce qu’on est allé au-delà des demandes des syndicalistes. Il faut oser dire la vérité. Il faut faire les efforts pour les autres secteurs et catégories de citoyens parce que nous partageons ce pays et nous devons partager les fruits de la croissance », dira –t- il en évoquant ceux qui sont dans les autres localités du pays qui ont des besoins en eau, électricité et hôpitaux et l’emploi des jeunes qui demeurent une priorité.
