
Madame le Ministre de la Santé et de l’Action sociale a présidé, ce jeudi, la cérémonie officielle d’ouverture de la 6ème édition du Congrès dentaire international de l’Association nationale des Chirurgiens-Dentistes sénégalais (ANCDS) couplée aux 10èmes Rencontres odontologiques de Dakar (RODAK).
Ce congrès scientifique placé sous le thème : « Nouvelles perspectives en Santé Bucco-Dentaire » sera marqué par la tenue d’ateliers, de conférences, symposium et communications réunit de nombreux chercheurs sénégalais et étrangers, des universitaires, des professionnels de la santé, des décideurs, des partenaires techniques et financiers, des paramédicaux, des étudiants.
Il servira de plateforme d’échanges, de démonstrations et de partages d’expérience entre spécialistes africains et du monde de la profession dentaire.

Au Sénégal, selon l’Enquête STEPS de 2015, plus de 76 % de la population adulte ont des caries dentaires, plus de 72% des maladies de la gencive, et plus de 62 % ne recourent pas aux soins dentaires. Ces chiffres démontrent la nécessité de renforcer notre politique de promotion de la santé bucco-dentaire par des stratégies de prévention au sein de la communauté et l’amélioration de l’accessibilité des soins de qualité. Selon Dr Marie Khemesse Ngom Ndiaye des jalons importants ont été posés comme : le recrutement accru de personnels dentaires, permettant à notre pays de disposer actuellement de 550 chirurgiens-dentistes, 75 techniciens supérieurs en odontologie, 33 techniciens de laboratoire de prothèse dentaire, répartis dans le public, le parapublic et le privé ; le renforcement des équipements dentaires avec l’acquisition de fauteuils dentaires, d’appareils de radiographie, d’autoclaves et d’unités mobiles ainsi que l’ouverture de services dentaires ; l’amélioration notoire du respect des normes de la carte sanitaire à travers l’installation des cabinets dentaires dans 100% des établissements publics de santé (EPS) et 90% des centres de santé ; un programme de renforcement de capacités des Infirmiers-chefs de poste (ICP) et des sages-femmes, pour prendre en charge l’urgence des affections bucco-dentaires initié depuis 2013 et qui se poursuit dans les régions médicales. Ce programme est une des initiatives de décentralisation/intégration de la santé bucco-dentaire dans les soins de santé primaires tel que recommandé par l’OMS ; l’orientation des acteurs communautaires et des praticiens de la médecine traditionnelle sur la reconnaissance des signes, les mesures de prévention des affections buccodentaires et particulièrement du noma ainsi que la promotion du recours précoce aux soins dentaires ; le financement des émissions de sensibilisation au niveau des radios communautaires ; l’inscription de la lutte contre le Noma dans les priorités du Ministère de la Santé et de l’Action sociale. La surveillance de cette maladie à déclaration obligatoire et à éliminer a permis une prise en charge précoce des enfants touchés et aussi des cas de victimes de séquelles réduisant ainsi la mortalité et le fardeau du handicap social ; l’élaboration et la validation du plan stratégique national de la santé bucco-dentaire aligné à la stratégie régionale et au plan d’action mondial de la santé bucco-dentaire récemment adopté par l’Assemblée mondiale de la santé. La mise en œuvre de cette stratégie nationale requiert la contribution et l’engagement de toutes les parties prenantes ayant contribué à son élaboration ; la célébration annuelle de la journée mondiale de la santé bucco-dentaire le 20 mars depuis 2015, en collaboration avec les différentes corporations dentaires et à travers de nombreuses activités de promotion de la santé bucco-dentaire sur l’ensemble du territoire national ; la promulgation par Monsieur le Président de la République de la loi n° 2023-05 du 13 juin 2023 relative à l’exercice de la chirurgie dentaire et à l’ordre national des chirurgiens-dentistes.

Toutefois, en dépit de ces avancées, des défis restent à relever. Il s’agit entre autres : du financement adéquat des activités de la santé buccodentaire; de la qualité des données de routine et de surveillance pour la promotion de la santé buccodentaire, afin de réussir le pari de la réduction de la charge de morbidité des affections buccodentaires dans le cadre de la couverture sanitaire universelle (CSU) ; de l’exercice illégal de la santé buccodentaire a conclu l’autorité dans son discours .


