
Le Sénégal salue la tenue de cette réunion de Haut niveau sur la lutte contre la tuberculose qui se tient dans un contexte difficile marqué par l’inversion et l’exacerbation des tendances socio-économiques négatives dues au COVID 19 et à d’autres pandémies. Ma délégation souscrit à la déclaration faite par la Tunisie au nom du Groupe africain.
Je voudrais également saluer le travail remarquable des facilitateurs et la contribution de qualité des Etats membres durant les négociations de la déclaration politique qui devrait être adoptée à l’issue de nos travaux.
La tuberculose reste l’une des maladies les plus répandues et meurtrières dans le monde avec des statistiques passant de 250 à 800 millions de cas entre 2020 et 2023.
Malgré les progrès réalisés dans la lutte contre cette maladie, elle continue de progresser, en particulier chez les populations les plus vulnérables dans les pays en voie de développement.
C’est pourquoi, s’engager à faire progresser la science, le financement et l’innovation, afin de mettre fin à l’épidémie mondiale de tuberculose, notamment en garantissant un accès équitable à la prévention, au dépistage, au traitement et aux soins comme nous y invite le thème de cette réunion, me parait plus que nécessaire.
En effet, cette réunion qui s’inscrit en droite ligne du Sommet sur les Objectifs de développement durable, doit nous permettre de mieux nous engager à fournir des services aux plus pauvres et aux plus vulnérables afin de garantir un avenir plus sûr, plus durable et plus prospère à tous.
Depuis la précédente réunion de haut niveau sur la tuberculose, le Sénégal a connu d’importantes avancées matérialisées par une baisse de l’incidence entre 2015 et 2021, passant ainsi de 123 à 113 cas pour 100 000 personnes.
La notification des malades attendues est passée de 66% en 2018 à 72% en 2022 pendant que le taux de succès thérapeutique de la prise en charge est monté de 87% en 2018 à 90% en 2022.
S’agissant de la co-infection TB-VIH, le taux est passé de 10% en 2015 à 3,4% en 2021 grâce aux actions menées conjointement par le Ministère de la Santé et de l’Action sociale et le Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS).
Ces résultats ont pu être obtenus grâce aux efforts consentis par le Gouvernement du Sénégal dans la décentralisation des moyens de réponse. En effet, près de 991 unités de diagnostic et de traitement sont réparties sur l’ensemble du territoire, avec une gratuité à l’accès.
Relativement aux nouvelles technologies, le Sénégal a débuté l’utilisation des nouveaux outils moléculaires de diagnostic en première intention dans la Région de Dakar qui regroupe plus de 40% des malades tuberculeux, mais aussi pour les groupes vulnérables (enfants, personnes vivant avec le VIH, détenus).
Les interventions de lutte contre la tuberculose sont mises en œuvre avec une pleine participation de la société civile qui capte près du tiers des financements destinés aux activités communautaires.
Dans le domaine du financement domestique en particulier, des efforts budgétaires remarquables ont été consentis dans le budget alloué par le Gouvernement du Sénégal notamment pour l’achat des médicaments et des intrants de diagnostic pour la lutte contre la tuberculose.
Ces investissements nationaux ont contribué à sauver déjà 90% des cohortes annuelles de malades tuberculeux et à prévenir la survenue de la maladie chez plus de 26 000 personnes à risque.
Mesdames et Messieurs,
Du haut de cette tribune, je lance un vibrant appel pour une action collective afin de mettre fin à l’épidémie de tuberculose qui continue de peser sur nos communautés, malgré les efforts de nos Gouvernements.
Engagés sur les objectifs audacieux de l’Agenda 2030, nous devons redoubler d’efforts et mobiliser toutes les ressources nécessaires pour y parvenir.
Les défis peuvent sembler insurmontables, mais avec la détermination de chaque acteur et une parfaite coordination entre tous les secteurs, nous pouvons réaliser des progrès significatifs d’ici à 2030 et ainsi infléchir la trajectoire de cette épidémie.
Ensemble, nous pouvons mettre fin à l’épidémie et créer une génération libérée de la tuberculose.
Ensemble, nous pouvons bâtir un monde plus sain, plus équitable et plus résilient.
Pour conclure, je voudrais faire écho à l’appel du Groupe africain pour la mise en œuvre effective et complète des recommandations de l’OMS en matière de diagnostic rapide et de traitement de qualité, afin que 100% des personnes diagnostiquées pour la tuberculose aient accès à un traitement et à des soins de qualité à l’échelle mondiale.
