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Réformes universitaires : lettre ouverte au Ministre de l’enseignement supérieur de la réforme et de l’innovation ! 

M. LE MINISTRE,

Les employeurs exigent désormais des diplômés universitaires des compétences plus étendues que les seules compétences propres à leur discipline. À l’université, nous avons cette approche-cours archaïque en patchwork au lieu de l’approche-programme en tapis persan, appliquée dans les meilleures universités au monde.

Si vous voulez un changement de paradigme dans nos universités, c’est à la manière d’enseigner dans nos universités qu’il faut s’attaquer. Il faut faire comprendre aux responsables universitaires des projets de formation, la différence entre un comité de programmation et une approche-programme. La base de l’enseignement en approche-cours de nos universités a comme principales lacunes :

1 – Une vision individualiste de l’enseignement. 

Chaque cours est pris individuellement et non dans un programme. Tout gravite autour de l’enseignant, son cours est conçu et vécu sans égards à une vision partagée de la formation de l’étudiant.

2 – Un mode de gestion vertical de l’enseignement. 

La gestion du programme d’études par les leaders est verticale. Les décisions viennent d’en haut pour une application en bas. Les décisions devant être concertées par l’ensemble des acteurs du programme d’enseignement.

3 – Un rapport de force.

Le projet initial de formation est élaboré en vase clos par un groupe d’enseignants, selon leurs propres visions, favorisant leurs disciplines, le nombre de cours qui s’y rattachent et le font passer parfois aux forceps avec une faible adhésion des autres enseignants.

4 – Un partage fragmenté des responsabilités. 

Chacun des enseignants a tendance à ne se sentir responsable que de son cours. Certains professeurs deviennent même propriétaires jaloux de leurs cours. L’évaluation du de ces des cours est presque secrète.

5 – Le manque de lien entre les cours.

Le manque de lien entre les cours dans nos universités est patent. Ce qui entraîne une redondance de certains sujets, des contenus soit effleurés ou hypertrophiés dans des cours, un taux d’échecs élevé, un absentéisme et des cours ennuyeux.

6 – Un manque d’auto régulation de nos programmes. 

L’analyse des cours est presque inexistante. On n’évalue pas le niveau de réussite liée au programme de formation et aux cours pris isolément. De même la satisfaction des étudiants n’est pas prise en compte, ni celle des professeurs ou des chargés de cours. 

Tout ceci aboutit à une inadéquation entre les diplômés de nos universités et le marché du travail. 

Voilà M. Le ministre, un de mes avis sur notre système universitaire et ce que j’en pense. Je ferai d’autres suggestions et espère que ces petites remarques vous parviendront. 

Dr Boubacar SIGNATE 

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