
El Hadj Socé Ndiaye, connu sous le nom vénéré de Borom Dokhoba, est une figure majeure de l’histoire religieuse sénégalaise dont l’influence transcende les frontières du Djolof et du Sénégal entier. Né vers 1910 à Doundodji, une localité marquée par son héritage royal, il est le fils d’Aly Yacine et de Sokhna Meïssa Sall. Son engagement profond envers l’islam et sa relation mystique avec le divin ont façonné une vie exceptionnelle.
La fondation du village de Dokhoba en 1942 est l’un des actes les plus significatifs d’El Hadj Socé Ndiaye. Ce village, situé non loin de Linguère, devient rapidement un centre spirituel de premier plan sous son influence. Visionnaire et érudit, il crée un espace de dévotion où il établit un grand « daara » dédié à l’enseignement du Saint Coran sur une vaste étendue de 150 km². Il fonde également des mosquées et des cimetières, renforçant ainsi la présence de l’islam dans la région.
Le caractère mystique de sa vie est accentué par sa relation unique avec les djinns. L’histoire raconte qu’El Hadj Socé Ndiaye a épousé un djinn nommé Maïmouna, avec qui il aurait eu six enfants. Cette union symbolise non seulement son lien spécial avec le monde spirituel, mais aussi les miracles extraordinaires qui ont marqué sa vie. Parmi ses faits marquants, on trouve des récits de guérison miraculeuse, y compris le traitement de maladies graves telles que la folie et le cancer, et des prédictions réalisées à travers des poèmes mystiques avant même la naissance de ses épouses et enfants.
L’un des épisodes les plus emblématiques de sa vie est son pèlerinage à La Mecque en 1968. Ce voyage est non seulement un accomplissement religieux mais également une démonstration de ses pouvoirs spirituels. Le récit de la manière dont il aurait transporté sa chambre spirituellement lors de la fondation de Kadji Santhie renforce sa réputation de saint homme aux capacités exceptionnelles.
El Hadj Socé Ndiaye était également connu pour sa générosité et son aide aux familles démunies. Cette facette de sa personnalité, combinée à ses dons mystiques, fait de lui un modèle de dévouement et de compassion. Son héritage reste vivant à Dokhoba, où chaque année des milliers de fidèles se rassemblent pour honorer sa mémoire. Lors de ces rassemblements, des revendications sont souvent faites pour améliorer les infrastructures locales, telles que la construction d’un poste de santé et le bitumage des routes, en réponse aux besoins croissants de la communauté.
Décédé le 14 mai 1994, El Hadj Socé Ndiaye a laissé un héritage spirituel et mystique profondément ancré dans la tradition islamique sénégalaise. Son successeur, El Hadj Nar Ndiaye, continue de préserver et de promouvoir son œuvre, tandis que les membres de sa famille veillent à ce que les traditions et les enseignements associés à Dokhoba soient perpétués.
El Hadji Wally Socé Ndiaye est, depuis le 27 août dernier, le nouveau khalife, suite au rappel à Dieu d’El Hadji Ndiaga Ndiaye.
El Hadj Socé Ndiaye demeure une figure emblématique de la spiritualité et du mysticisme au Sénégal. Son impact perdure à travers les récits de miracles, la fondation de Dokhoba et la dévotion continue de ses disciples, faisant de lui un pilier de la foi islamique et un symbole de la richesse mystique de la région.
À Dokhoba, le Maouloud est célébré, chaque année, à la veille du Gamou de Tivaouane. C’est une recommandation de El Hadj Socé que ses héritiers perpétuent. El Hadji Ousmane Ndiaye est l’imam ratib et le chef du village.
