Dakar, 1er septembre 2026 – Le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord au niveau des services, ouvrant la voie à un nouveau programme économique et financier d’un montant de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 243 milliards de FCFA.

Dans une déclaration consacrée à cet accord, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a indiqué que les discussions avec le FMI ont porté sur la situation économique et financière du pays, les perspectives à moyen terme, les besoins de financement de l’État ainsi que les réformes nécessaires au maintien de la stabilité macroéconomique.
Trois grandes orientations
La nouvelle trajectoire économique et financière du Sénégal repose sur trois orientations majeures.
La première concerne l’évolution du modèle d’intervention publique vers un État plus efficace, davantage concentré sur les priorités des populations.
La deuxième porte sur un ciblage plus efficient du soutien public au secteur de l’énergie, avec la volonté affichée par le Gouvernement de poursuivre la transformation du secteur et de mieux valoriser les ressources énergétiques nationales.
La troisième orientation concerne le traitement durable de la dette publique, avec notamment la mise en œuvre du Plan de Traitement de la Dette du Sénégal (PTDS).
Pour le ministre Cheikh Diba, ce plan constitue une composante centrale du paquet de mesures accompagnant la nouvelle trajectoire économique et financière du pays. L’objectif est de rétablir progressivement les équilibres budgétaires, d’améliorer le profil de la dette et de restaurer durablement les marges de financement de l’État.

300 milliards FCFA pour apurer les créances du secteur privé
L’accord avec le FMI s’accompagne également de mesures destinées à répondre aux préoccupations économiques et sociales des populations.
Le Gouvernement annonce ainsi 300 milliards de FCFA consacrés, sur le reste de l’année, au règlement des créances dues aux entreprises privées. Cette enveloppe doit permettre d’accélérer l’apurement des obligations de l’État envers le secteur privé.
Bourses de sécurité familiale
Autre annonce majeure : le paiement des Bourses de sécurité familiale doit intervenir avant la fin du mois de septembre, en amont de la rentrée scolaire.
À partir de 2027, l’enveloppe consacrée à cette politique sociale doit être portée de 70 à 140 milliards de FCFA. Le nombre de familles bénéficiaires devrait également connaître une forte progression, passant de 5 000 à plus d’un million de ménages, selon le Gouvernement.

Une nouvelle étape dans les relations avec le FMI
Pour Cheikh Diba, l’accord technique constitue également un tournant dans les relations entre le Sénégal et le FMI. Il doit ouvrir la voie à un nouveau cadre de coopération et contribuer à la relance des relations avec les partenaires au développement.
Le Gouvernement estime que cette nouvelle dynamique pourrait également faciliter l’accès du Sénégal à des financements à des conditions plus avantageuses.
« Le Gouvernement mesure pleinement la responsabilité qui lui incombe », souligne le ministre, qui assure que l’Exécutif entend poursuivre le redressement, la relance et la transformation des politiques publiques avec « lucidité ».
Cette trajectoire est présentée comme étant en cohérence avec l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050.
À travers l’accord technique avec le FMI et le lancement du PTDS, le Gouvernement veut ainsi envoyer un signal de confiance et de responsabilité, tout en affirmant sa volonté de reprendre progressivement le contrôle des équilibres budgétaires et de renforcer les marges de manœuvre financières de l’État.
