La décision d’acquérir des véhicules au profit des députés de la 15ᵉ législature continue de susciter une vive controverse au sein de la classe politique et de l’opinion publique sénégalaise. Après la sortie remarquée du député Thierno Alassane Sall, c’est au tour de Guy Marius Sagna de remettre en cause la transparence et la régularité du processus engagé par l’Assemblée nationale.

En marge d’une tournée dans les régions, Thierno Alassane Sall a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « camouflage » autour de l’achat des véhicules destinés aux parlementaires. Selon lui, le président de l’Assemblée nationale aurait procédé à la distribution d’un premier lot de véhicules sans débat public préalable ni information claire à l’endroit des députés et des citoyens.
Le parlementaire estime que le budget alloué à cette opération n’a pas été voté dans le respect des procédures en vigueur. « Le budget qui avait été arrêté n’a pas respecté la procédure et ne prévoyait pas de manière convenable l’achat de véhicules », a-t-il déclaré, accusant le président de l’Assemblée nationale d’avoir agi de manière unilatérale. Il a également rejeté le recours à la procédure d’urgence pour justifier cet achat, y voyant une instrumentalisation de l’urgence afin de légitimer des décisions arbitraires.
Au-delà de la question des véhicules, Thierno Alassane Sall a pointé les conditions de travail qu’il juge précaires des députés, qui exercent leur mandat sans assistants parlementaires, tout en dénonçant parallèlement le recrutement de chargés de mission à caractère politique par la présidence de l’Assemblée, créant selon lui un déséquilibre dans l’allocation des ressources.
Il a par ailleurs annoncé que ses cadres apporteront des éclairages supplémentaires lors d’une conférence de presse prévue prochainement.
Dans le même sillage, les interrogations persistent au sein de l’opinion publique sur la marque et le coût réel des véhicules attribués aux députés, aucune information officielle n’ayant été communiquée à ce jour.
Interpellé sur la question, le député Guy Marius Sagna est revenu sur une publication faite sur sa page Facebook le 19 juin 2025, dans laquelle il dénonçait déjà un processus d’acquisition qu’il jugeait non démocratique. « Je ne connais ni la marque ni le prix de la voiture que l’Assemblée nationale s’apprête à mettre à ma disposition », a-t-il affirmé, invitant les journalistes et les citoyens à se référer à sa sortie antérieure.
Pour Guy Marius Sagna, les événements survenus depuis lors confirment ses craintes. « Sept mois après, la vie n’a fait que confirmer ce que je disais. Les députés n’ont reçu aucune information sur l’achat des véhicules et n’ont pas été consultés », a-t-il insisté.
Le député met en cause le Bureau de l’Assemblée nationale, composé de 17 membres auxquels s’ajoutent trois représentants des groupes parlementaires. Selon lui, cette instance n’a ni représenté l’ensemble des députés ni défendu l’intérêt du peuple sénégalais, et doit aujourd’hui des explications et des excuses.
Il n’exonère toutefois pas certains parlementaires, dénonçant un « silence complice » de ceux qui n’assistent pas aux réunions du Bureau. À l’inverse, il salue les membres qui, malgré leur minorité, continuent selon lui à résister.
Replaçant le débat dans le contexte économique national marqué par des finances publiques fragilisées, Guy Marius Sagna rappelle les efforts de transparence engagés par le gouvernement. Il estime que la majorité parlementaire doit accompagner cette dynamique en œuvrant à la rationalisation des dépenses et à la réduction du train de vie de l’État. « Sur cette affaire des véhicules, l’Assemblée nationale a été un mauvais exemple qu’il faut dénoncer et ne pas imiter. Plus jamais ça ! », a-t-il martelé.
En conclusion, le député appelle à une vigilance citoyenne accrue sur le fonctionnement de l’institution parlementaire. « Surveillons l’Assemblée nationale et veillons à ce que cela ne se reproduise plus jamais. Bomber le torse en jurant fidélité à notre président Ousmane Sonko, c’est bien. Avoir sa posture, c’est mieux », a-t-il conclu.
