Affaire des 55 millions de dollars de Kosmos Energy :  » j’ai été personnellement auditionné par l’IGE. Je leur ai dit ce que je sais » (Abdourahmane DIOUF)

L’affaire des 55 millions de dollars liés au retrait de Kosmos Energy du gisement Yakaar-Teranga connaît une nouvelle évolution. Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, a révélé ce jeudi que le président de la République avait saisi l’Inspection générale d’État (IGE) afin de faire la lumière sur les conditions dans lesquelles l’accord de renonciation avait été conclu avec la compagnie américaine.

Face à la presse, le ministre a indiqué que plusieurs éléments avaient déjà été apportés par les autorités, mais que le dossier était désormais entre les mains des organes de contrôle. « Nous sommes des Républicains. Nous avons donné un certain nombre d’éléments de clarification sur ce sujet. Maintenant, le président de la République a saisi l’Inspection générale d’État, qui est en train de faire ses enquêtes », a déclaré Dr Abdourahmane Diouf.

Le ministre lui-même auditionné

Le ministre de l’Énergie et du Pétrole a également révélé avoir été personnellement entendu par l’IGE dans le cadre de cette enquête. « Moi-même, j’ai été personnellement auditionné par l’Inspection générale d’État. Je leur ai dit ce que je sais. J’ai fourni les documents et je sais qu’ils sont en train d’écouter tous les acteurs », a-t-il précisé. Pour le ministre, la « décence républicaine » commande désormais de laisser les corps de contrôle mener leurs investigations jusqu’à leur terme. Il estime que l’IGE devrait prochainement livrer ses conclusions.

Un accord au cœur de la polémique

L’affaire porte sur un accord de renonciation conjoint signé alors qu’Ousmane Sonko était Premier ministre et qu’Alioune Gueye dirigeait la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen). Cet accord avait été conclu avec Kosmos Energy dans le contexte du retrait de la compagnie du gisement gazier Yakaar-Teranga. Selon les explications avancées par les autorités actuelles, Kosmos Energy n’aurait pas réalisé l’ensemble des travaux qui étaient attendus d’elle. Elles estiment ainsi que l’accord de renonciation aurait été conclu de manière prématurée, privant potentiellement l’État du Sénégal de la possibilité de réclamer des pénalités ou des compensations. Le manque à gagner est ainsi évalué par les autorités à 55 millions de dollars.

Les conclusions de l’IGE attendues

Désormais, c’est donc l’Inspection générale d’État qui doit examiner les conditions de conclusion de cet accord, les obligations contractuelles des différentes parties ainsi que les éventuelles conséquences financières pour l’État du Sénégal.

En attendant les conclusions officielles de l’IGE, les différentes affirmations avancées autour de ce dossier restent au cœur du débat public. Le rapport de l’organe de contrôle devrait permettre de préciser les responsabilités éventuelles et d’établir les faits sur la base des documents et auditions réalisés.

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