Le Dr Abdourahmane Diouf a pris la parole lors de l’assemblée générale consacrée à la validation des textes fondateurs de la coalition Diomaye Président, en présence du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. À cette occasion, le ministre est revenu sur la genèse politique de l’alliance qui a porté l’actuel pouvoir, tout en lançant un avertissement clair sur les principes devant guider son fonctionnement.

Selon lui, l’histoire politique du pouvoir actuel au Sénégal s’explique essentiellement à travers la coalition Diomaye Président, depuis sa naissance dans un contexte particulier jusqu’à l’obtention d’une majorité parlementaire. « La coalition a commencé par des discussions ultra carcérales », a-t-il rappelé, soulignant que les premières bases politiques de cette alliance ont été posées alors que certains de ses principaux leaders étaient en détention. Une origine singulière qui l’a amené à glisser, avec une pointe d’ironie :
« Le président Diomaye devra certainement écrire ses mémoires d’outre prison. » Pour Abdourahmane Diouf, les faits restent incontestables. C’est cette coalition qui a permis à Bassirou Diomaye Faye d’accéder à la magistrature suprême. « C’est la coalition Diomaye Président qui a élu le chef de l’État. C’est ça l’histoire », a-t-il affirmé, comme pour rappeler le rôle central de cette alliance dans la victoire politique du pouvoir actuel.

Une majorité parlementaire “Diomayenne”
Le ministre a également évoqué les élections législatives organisées sept mois après la présidentielle. Selon lui, la même dynamique politique s’est reproduite, permettant à la coalition de décrocher une majorité à l’Assemblée nationale. Une majorité qu’il qualifie sans détour de « Diomayenne », estimant qu’elle procède de la même source politique et qu’elle reste étroitement liée au leadership du président de la République.
Un avertissement contre les dérives partisanes
Profitant de cette tribune, Abdourahmane Diouf a aussi adressé un message fort sur la nature de la gouvernance politique à préserver. « On ne peut pas se contenter d’un parti-État, encore moins d’un État-Parti », a-t-il déclaré devant les membres de la coalition.
Par cette formule volontairement symétrique, le ministre a voulu dénoncer deux dérives bien connues dans l’histoire politique : celle d’un parti qui instrumentalise les ressources de l’État à son profit, et celle, plus grave encore, d’un État entièrement absorbé par une logique partisane. En rejetant ces deux modèles, il a insisté sur la volonté de la coalition de se construire sur des bases institutionnelles et doctrinales claires.

« Le seul gardien, c’est la Constitution »
Revenant sur les débats autour de la notion de « gardien », Abdourahmane Diouf a tenu à préciser sa position avec une formule imagée. « Nous entendons parler beaucoup de gardien. Il y a un gardien de football, un gardien de prison, un gardien de maison… mais nous, nous n’avons qu’un seul gardien : le gardien de la Constitution », a-t-il lancé.
Avant de conclure par une profession de foi républicaine : « La République, rien que la République. » Par ces propos, le ministre a voulu rappeler que la coalition Diomaye Président doit s’inscrire dans le respect strict des principes républicains et de l’État de droit, au moment où elle finalise sa structuration politique à travers l’adoption de ses textes fondateurs.

