Le député et président de La République des Valeurs/Réewum Ngor, Thierno Alassane Sall, a qualifié l’affaire ASER–AEE Power EPC, communément appelée ASERGATE, de « scandale politico-administratif d’une gravité extrême » qui compromet la crédibilité du Sénégal.

Lors d’une conférence de presse tenue le 19 août 2025 à l’hôtel Fun City, il a affirmé : « L’affaire ASER n’est pas un simple dossier administratif, mais un scandale politico-administratif qui illustre le fossé abyssal entre les slogans de Jub, Jubaal, Jubanti et l’obstination d’un gouvernement à dissimuler un détournement potentiel de 37 milliards de FCFA, malgré les inquiétudes exprimées par la Banco Santander depuis le 30 septembre 2024. »
Au-delà des chiffres, M. Sall a mis en avant la dimension sociale : « Des villages entiers restent privés d’électricité, des familles condamnées à vivre dans l’obscurité et des jeunes privés d’opportunités. Des milliards destinés à leur quotidien disparaissent sans explication. »
Selon lui, ce sont les contribuables sénégalais qui devront rembourser ces 37 milliards « volatilisés comme une simple pièce égarée ». Des informations crédibles indiqueraient qu’une vingtaine de milliards seraient restés en Espagne, jamais transférés au Sénégal.
Il a aussi révélé qu’un montant de 7 746 293 euros (soit 5,08 milliards FCFA) aurait été utilisé pour des primes et cautions, incluant une avance de démarrage, une avance sur dépenses et une garantie de bonne exécution.
Le parlementaire a dénoncé la passivité de l’ASER, qui aurait dû :
– procéder aux décomptes,
– réceptionner les villages électrifiés,
– et garantir le bon usage des fonds.
Au contraire, selon lui, l’agence a semblé « défendre l’entreprise AEE Power EPC », laquelle n’a pas payé les frais d’études du consultant désigné par la DCMP, ni réglé la redevance due à l’ARCOP.
« Voilà bientôt un an que la Banco Santander a exprimé ses inquiétudes, et l’ASER, censée superviser ce projet, reste passive », a-t-il martelé. « En tant que représentant du peuple, je continuerai à exiger des comptes et à défendre chaque franc de l’argent public. La justice doit se saisir de ce scandale », a déclaré Thierno Alassane Sall, ajoutant qu’il prendra « toutes les dispositions nécessaires » pour que lumière soit faite.
Il a conclu par un appel solennel : « Derrière chaque franc perdu, ce sont des vies freinées, des espoirs brisés et un pays qui recule. »
