
La vallée des Palmiers, longtemps considérée comme une zone sensible lors des périodes les plus critiques du conflit en Casamance, avait retrouvé une stabilité relative au fil des années. Cette accalmie semblait s’être consolidée en mai 2023, à la suite d’un accord de dépôt d’armes signé à Mongone (Nord-Sindian) par une faction du mouvement Diakaye.
Cependant, dans la soirée du lundi 14 avril, aux alentours de 20 heures, ce calme a été brutalement rompu par une attaque armée dans le village de Djinaky, chef-lieu de la commune. Des hommes lourdement armés et non identifiés ont pris pour cible plusieurs commerces situés à proximité de la grande mosquée, avant de s’enfuir.
Selon des sources sécuritaires relayées par le quotidien national, l’armée sénégalaise a réagi dès le mercredi matin en lançant une vaste opération de ratissage, mobilisant d’importants moyens humains et logistiques. Des unités spéciales, appuyées par de l’artillerie lourde, ont été déployées pour traquer les assaillants. Cette attaque inattendue ravive les inquiétudes dans une région qui semblait peu à peu tourner la page du conflit.
Henri Ndecky, coordonnateur du COSPAC (Cadre d’Observation pour la Sauvegarde de la Paix en Casamance), s’est exprimé à ce sujet :
« Nous avons assisté à la reprise des activités socioculturelles, aux congrès, au retour des étudiants dans les villages. Les constructions ont repris, les jeunes recommençaient à s’épanouir à travers des concerts et diverses initiatives. L’accord de paix signé le 13 mai à Mongone, ainsi que celui du 22 août en Guinée-Bissau, nous avaient donné espoir. C’est pourquoi cette attaque nous a profondément choqués. Mais en tant que croyants, nous gardons espoir. »
Face à la disparition d’un soldat sénégalais au cours de cette attaque, M. Ndecky insiste sur la nécessité urgente de mettre en œuvre le Plan Diomaye pour la Casamance :
« Il est crucial d’instaurer une forme de discrimination positive : dans la volonté politique, dans l’action, mais aussi à travers un accompagnement financier et matériel concret. Les fonds doivent être disponibles sur place dès le début de l’année. Depuis l’annonce de ce plan, nous saluons la bonne volonté affichée, mais il est temps que celle-ci se traduise par des actes tangibles pour renforcer durablement la stabilité dans une région marquée par un conflit qui a trop duré. »
Selon lui, « Le maintien de la paix en Casamance est l’affaire de tous les Sénégalais. »
À Djinaky, les habitants, encore sous le choc, espèrent un retour rapide au calme, tandis que l’armée continue de renforcer sa présence dans la zone.
