
Une audience publique s’est tenue ce jeudi 16 octobre à Sabodala autour du projet de déversement des résidus miniers dans une ancienne fosse, située non loin du village. La rencontre, présidée par le préfet du département de Saraya, Babacar Niang, a réuni les populations, les services techniques, ainsi que les autorités administratives et locales.
Sabodala Gold Operations (SGO), filiale du groupe Endeavour Mining, a présenté son projet visant à réutiliser la fosse épuisée de Sabodala pour y stocker ses résidus miniers une technique connue sous le nom de in-pit tailings. Déjà appliquée dans des pays comme le Canada et l’Australie, cette méthode est décrite par la société comme une approche durable qui permettrait de :
- préserver plus de 500 hectares de terres agricoles et pastorales initialement destinées à la création d’un nouveau bassin (TSF2) ;
- protéger des zones écologiquement sensibles riches en biodiversité ;
- réduire les risques environnementaux liés aux digues de retenue ;
- et favoriser une réhabilitation progressive du site.
L’Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES) du projet a été validée par les services compétents du ministère de l’Environnement.
M. Baba Dramé, Directeur de la Réglementation Environnementale et du Contrôle, a salué « un projet bien structuré, répondant aux exigences réglementaires et permettant d’éviter la création d’un nouveau bassin de résidus de 500 hectares ».

SGO affirme avoir mené un vaste processus de concertation avec les parties prenantes : autorités locales, services techniques, communautés de Sabodala, Madina Sabodala et Faloumbou, ainsi que des experts et universitaires.
La société s’engage notamment à :
- renforcer le suivi environnemental ;
- impliquer les populations dans le contrôle et la surveillance du projet ;
- garantir la sécurité des zones de stockage contre les intrusions humaines et animales.
Malgré les explications de la société, le projet ne fait pas l’unanimité. « Nous ne sommes pas d’accord sur ce projet. L’entreprise nous a parlé d’un espace où il y a beaucoup d’arbres et de marigots, qu’il serait plus bénéfique pour l’agriculture et l’élevage. Mais ce qu’ils omettent de dire, c’est que Noda SA se trouve à seulement 610 mètres du barrage. Pour utiliser cet espace, cela leur coûterait cher. Pour éviter cette dépense, ils veulent exploiter la fosse », déclare Mamadou Ndiaye Keita, le Président des jeunes de Sabodala. Selon lui, « la convention minière, en son article 27, impose la réhabilitation à la fin de la concession ». Les populations disent avoir rejeté le projet et attendent la publication du procès-verbal de l’audience.

Le préfet Babacar Niang a rappelé que ce projet de transformation de l’ancienne fosse s’inscrit dans le cadre du processus d’évaluation environnementale prévu par le code de l’environnement, notamment son article 24, qui exige la participation du public.
Il a reconnu que les premières audiences avaient révélé « plusieurs inquiétudes des populations concernant la santé, la pollution potentielle de la nappe phréatique, la proximité des habitations, la divagation des animaux et la perte du cheptel ».
Le préfet a également évoqué « une rupture de confiance entre la mine et les communautés », liée à des engagements non respectés.
Cependant, il a précisé que plusieurs de ces engagements sont en cours de réalisation : « l’aménagement des routes d’accès, la réhabilitation des bâtiments fissurés, le drainage des eaux pluviales, l’achat d’un camion de vidange, l’approvisionnement en eau potable, le traitement de l’eau du barrage, ainsi que l’installation de lampadaires solaires pour l’éclairage public ».

À l’issue de cette rencontre, les populations restent campées sur leur position et ont rejeté toujours le projet. « Nous avons pris bonne note et nous rendrons compte », a conclu le préfet.
