
Une vive contestation secoue actuellement la commune de Bambilor et ses environs, où des populations locales s’opposent fermement à l’installation annoncée d’un centre de traitement et de valorisation des déchets sur la forêt classée de Déni Youssouf. Dans une lettre ouverte adressée aux plus hautes autorités de l’État, le Collectif Citoyen pour la Sauvegarde de Bambilor et de ses Environs alerte sur ce qu’il qualifie de « tentative d’implantation forcée », dénonçant des intimidations, des menaces, et une absence totale de dialogue.
Le projet, porté par le Programme de gestion des déchets solides (PROMOGED), suscite une profonde inquiétude dans plusieurs villages environnants, notamment Mbeuth, Ndoyenne, Diacksaw et Sébikotane. Les habitants, dont plus d’un millier vivent directement de l’exploitation durable de la forêt, affirment que ce site constitue leur seule source de revenus. « C’est un espace vital, exploité depuis des décennies. Sans nous, cette forêt serait abandonnée. C’est notre dignité, notre gagne-pain, notre héritage », déclare un membre du collectif.
La contestation prend un tour encore plus préoccupant avec les accusations d’intimidations et de pressions exercées sur les populations locales, notamment par certaines autorités administratives. Les tentatives de médiation entreprises par les villageois seraient restées lettre morte, selon le collectif, qui déplore un « manque d’écoute flagrant » de la part des responsables étatiques.
Un enjeu environnemental et social majeur
Classée depuis plusieurs années, la forêt de Déni Youssouf joue un rôle crucial dans l’équilibre écologique de la région. Elle contribue à la lutte contre la désertification, à la régulation du climat local et abrite une biodiversité que les riverains affirment préserver activement.
Au-delà de l’aspect environnemental, c’est aussi un enjeu social majeur. « Installer un centre de traitement des déchets ici, c’est sacrifier des milliers de familles sans leur proposer aucune alternative. C’est contraire aux objectifs d’autosuffisance alimentaire que le pays s’est fixés à l’horizon 2050 », martèle le collectif dans sa lettre.
Appel au dialogue et à la suspension immédiate du projet
Face à cette situation tendue, les membres du collectif lancent un appel solennel au Président de la République, au Premier Ministre et à l’ensemble du gouvernement. Ils demandent la suspension immédiate du projet et la mise en place d’un cadre de concertation inclusif, sincère et transparent avec toutes les parties prenantes.
« Le respect des droits des communautés locales, la préservation de l’environnement et la paix sociale doivent primer sur toute logique de forcing administratif », concluent-ils, déterminés à défendre leur territoire et leur mode de vie face à ce qu’ils considèrent comme une menace grave.
