La tournée de suivi de la campagne agricole 2026 s’est poursuivie ce jeudi 1er octobre dans le département de Podor. Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Ba, a sillonné plusieurs aménagements de la Vallée du fleuve Sénégal, à la rencontre des producteurs et des acteurs de la chaîne agricole.

Après plusieurs étapes consacrées à l’évaluation des infrastructures et à l’écoute des producteurs, le ministre a poursuivi sa tournée dans la délégation SAED de Podor, notamment dans la commune de Gamadji. Une visite destinée à mesurer les avancées enregistrées, mais également à identifier les contraintes qui continuent de freiner la pleine exploitation du potentiel agricole de la zone.

Podor, un immense potentiel hydro-agricole
Avec près de 140 000 hectares de terres irrigables, le département de Podor dispose d’un potentiel hydro-agricole considérable. Le fleuve Sénégal et ses principaux défluents, notamment le Doué, le Ngallenka et le Gayo, offrent d’importantes possibilités pour le développement de la riziculture irriguée, du maraîchage et des chaînes de valeur agricoles.
À Gamadji, Dr Cheikhou Oumar Ba a visité les travaux du Périmètre Irrigué Villageois (PIV), destiné à améliorer durablement les conditions de production et la productivité des exploitations.

Le projet prévoit notamment la réhabilitation et l’extension des aménagements hydro-agricoles, l’amélioration des infrastructures, la mécanisation des travaux, le renforcement des capacités des producteurs ainsi qu’une meilleure maintenance des installations d’irrigation.
L’Union de Gamadji regroupe quatre GIE et 782 membres, pour une superficie totale de 70 hectares, dont 58 hectares actuellement exploités.
Sur place, le ministre a pu constater l’état d’avancement des travaux et échanger directement avec les bénéficiaires. Les producteurs ont exprimé leur satisfaction face aux investissements engagés tout en faisant part de leurs attentes en matière d’équipements et d’amélioration des conditions de production.

Réaménagements, mécanisation et énergie solaire au cœur des priorités
La deuxième journée de la tournée dans la délégation SAED de Podor a également permis de visiter plusieurs aménagements et infrastructures agricoles.
Entre Dagana et Podor, la délégation a notamment mesuré l’ampleur des réaménagements hydro-agricoles prévus dans le cadre du PPRI, avec près de 9 000 hectares de canaux maçonnés programmés.
Dans l’arrondissement de Gamadji, le ministre a également visité un sous-projet comprenant un périmètre de 84 hectares. Au total, près de 1 100 hectares sont concernés par différents aménagements au bénéfice de 1 188 chefs de ménage et de plus de 650 bénéficiaires.

Les discussions avec les producteurs ont porté sur plusieurs préoccupations majeures : construction et équipement de magasins, accès au matériel agricole, mécanisation, disponibilité de l’énergie et amélioration des conditions de production.
À Lérabé, la visite d’une station de pompage solarisée a illustré l’importance accordée aux solutions énergétiques durables. La solarisation des équipements doit contribuer à réduire les contraintes liées au coût de l’énergie et à améliorer la compétitivité des exploitations agricoles.
À Guèdué, les producteurs ont également exposé leurs besoins, notamment en matière de réaménagement et de renouvellement des stations de pompage et d’accès aux équipements agricoles.

Les producteurs au cœur de la démarche
Au-delà des infrastructures, cette tournée vise à confronter les ambitions nationales aux réalités quotidiennes des exploitations.
Dans la Vallée du fleuve Sénégal, plusieurs défis demeurent : maîtrise de l’eau, réduction des coûts de production, mécanisation, stockage, commercialisation du riz local, financement et développement des chaînes de valeur.
La problématique des pertes post-récolte, notamment pour l’oignon, constitue également un enjeu important, avec des besoins exprimés en matière de stockage et de conservation.
Pour le gouvernement, la démarche consiste ainsi à partir du terrain : écouter les producteurs, évaluer les réalisations, identifier les difficultés et rechercher avec les acteurs des solutions adaptées.

Faire de Podor un moteur de la souveraineté alimentaire
Avec ses importantes superficies irrigables et son potentiel rizicole et horticole, Podor occupe une position stratégique dans la politique agricole du Sénégal.
L’objectif affiché est de transformer ce potentiel hydro-agricole en davantage de production, de valeur ajoutée et d’emplois, particulièrement au profit des jeunes et des femmes du monde rural.
Pour le ministre Dr Cheikhou Oumar Ba, la souveraineté alimentaire passe par des investissements concrets dans les exploitations, les périmètres irrigués, la mécanisation, l’énergie, le stockage et les organisations de producteurs.

De Podor aux autres territoires agricoles du pays, l’enjeu est désormais d’accroître durablement la production, d’améliorer la compétitivité des exploitations et de renforcer la résilience du secteur agricole, afin de contribuer à la construction d’une agriculture capable de répondre davantage aux besoins alimentaires du Sénégal.
