Au terme d’une intense tournée politique dans la région de Ziguinchor, le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a appelé les militants de KIIRAY, parti au pouvoir à franchir un nouveau cap dans l’organisation et la structuration de leur formation politique. Devant les cadres, élus, responsables et militants de la zone Sud, il a insisté sur la discipline collective, l’implantation à la base et la nécessité de transformer la mobilisation populaire en une véritable force politique structurée.

Pour Yankhoba Diémé, l’heure n’est plus à la seule mobilisation spontanée. Le parti KIIRAY doit désormais s’appuyer sur une organisation solide, capable d’encadrer ses militants et de porter durablement son projet politique. « Pour nous lier, il faut de l’encadrement, il faut de l’organisation et il faut de la méthode », a-t-il martelé.
« Occupez-moi le terrain »
Le ministre des Forces armées a invité les militants à mieux maîtriser les textes qui fondent leur parti, notamment les statuts, le règlement intérieur et le manifeste, qui définit sa philosophie politique. Cette exigence d’organisation s’inscrit, selon lui, dans la volonté du président de la République de bâtir un parti différent des expériences politiques précédentes. Yankhoba Diémé estime que le chef de l’État a tiré les enseignements des erreurs du passé pour éviter notamment une « déviation messianique de la chose ». L’objectif est désormais de libérer les énergies militantes à partir de la cellule, considérée comme la structure de base fondamentale du parti. Le mot d’ordre lancé aux responsables est sans ambiguïté : « Occupez-moi le terrain. »

La « Laï Attitude », entre travail et générosité
Mais pour Yankhoba Diémé, la massification du parti ne saurait reposer uniquement sur la structuration. Elle doit également s’accompagner d’un changement de comportement chez les militants et les responsables, notamment au sein de la jeunesse. C’est dans ce contexte qu’il a popularisé le concept de « Laï Attitude », présenté comme une ligne de conduite militante.
Le premier principe repose sur la primauté de l’action. Le ministre invite les militants à privilégier le travail aux discours et aux querelles stériles. « La primauté du travail sur le blabla, la primauté du travail sur le bavardage », a-t-il lancé.
Le second pilier est celui de la générosité, qu’il présente comme une qualité indispensable à tout responsable politique. « Soyez généreux. Vous savez dans la vie, c’est votre attitude qui détermine votre altitude », a-t-il déclaré.
Cette générosité doit également se manifester dans la communication avec la base. Les leaders sont ainsi appelés à rassurer et à accompagner les militants plutôt qu’à alimenter les frustrations. « Il faut que les leaders que vous êtes, vous nous assuriez en rassurant tous vos militants. Rien ne pourra résister », a-t-il insisté.

Un parti ouvert et tourné vers la Casamance
Au cours de son intervention, Yankhoba Diémé a également plaidé pour un parti uni, ouvert et capable de fédérer au-delà des frontières. La présence de responsables de la diaspora, notamment du coordinateur de Pastef Congo-Brazzaville, a été citée comme illustration de cette dynamique.
Revenant sur son propre parcours politique, marqué par son engagement au sein du mouvement patriotique depuis 2018, le ministre a défendu les choix opérés au fil des années, estimant que l’évolution de la situation politique leur donne aujourd’hui raison. La tournée a enfin permis de mettre en avant plusieurs projets destinés à accompagner le développement de la région de Ziguinchor. Yankhoba Diémé a notamment évoqué des initiatives industrielles, dont la mise en place d’unités de fabrication de briques, ainsi que plusieurs projets d’infrastructures routières.
Visiblement ému par l’accueil reçu au cours de cette tournée, le ministre a exprimé sa reconnaissance aux populations de la Casamance. « Je suis profondément touché. Je ne pourrai jamais vous oublier », a-t-il déclaré.

Entre structuration à la base, discipline militante et appel à l’action, Yankhoba Diémé veut ainsi installer une nouvelle culture politique au sein du parti au pouvoir : moins de bavardage, davantage de travail, de générosité et d’occupation du terrain.

