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Cinq anciens ministres mis en accusation : l’Assemblée nationale vote la résolution !

L’Assemblée nationale du Sénégal a voté, ce jeudi, la résolution portant mise en accusation de cinq anciens ministres devant la Haute Cour de Justice. Cette décision, fruit de plusieurs heures de débats parlementaires, marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités de faire la lumière sur des soupçons de malversations financières au sein de l’ancien régime.

Les ministres concernés sont Ismaïla Madior Fall, Ndèye Saly Diop Dieng, Moustapha Diop, Aïssatou Sophie Gladima et Mansour Faye. Les quatre derniers sont notamment cités dans le cadre d’une enquête portant sur la gestion du fonds anti-Covid, selon les informations du ministère de la Justice. L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, est quant à lui visé par une plainte relative à une affaire foncière remontant à son passage au gouvernement.

Lors des échanges à l’Assemblée, plusieurs députés ont rappelé l’importance de laisser la justice suivre son cours en toute indépendance. Anta Dia, députée de la majorité, a souligné la responsabilité du Parlement dans la transparence et la reddition des comptes : « Nous avons une lourde responsabilité, celle de permettre, à travers des lois, de faire la lumière sur les malversations de l’ancien régime », a-t-elle déclaré.

Les débats ont également mis en lumière le rôle des DAGE (directeurs de l’administration générale et de l’équipement), que certains parlementaires, à l’image de Moussa Amady Sarr, estiment également concernés par des irrégularités. D’autres voix, comme celle d’Ismaïla Diallo, vice-président de l’Assemblée, ont appelé à l’exemplarité de tous les dirigeants : « Il faut que nous soyons irréprochables », a-t-il martelé.

Appelant à la prudence, Tafsir Thioye a insisté sur la nécessité d’un traitement objectif et méthodique des dossiers par la Haute Cour de Justice, composée en partie de parlementaires eux-mêmes : « Nous devons y procéder avec méthode et sans qu’il y ait de subjectivité. »

Sur la question des montants en jeu, la députée Fa Bineta Ndiaye a tenu à apporter une précision importante : « Il ne s’agit pas de 1000 milliards, mais plutôt de 6 milliards dont il faut prouver l’utilisation. » De son côté, le député Guy Marius Sagna a saisi l’occasion pour appeler à une rupture avec les pratiques politiques du passé : « La lumière doit être faite sur toutes ces malversations qui ont longtemps gangrené notre économie. »

Dans un climat tendu mais encadré par la volonté de justice, certains députés comme Me Aïssata Tall Sall, Mbaye Dione et Abdou Karim Sall ont, eux, appelé à la retenue. Ils ont plaidé pour que les accusations ne soient pas instrumentalisées politiquement, rappelant que la présomption d’innocence demeure un principe fondamental.

Ce vote marque une étape cruciale dans le processus de responsabilisation des anciens responsables politiques et relance le débat sur la gestion des fonds publics. Plusieurs parlementaires ont par ailleurs proposé la criminalisation des détournements de deniers publics, signe d’une volonté de durcir les mesures contre la corruption au Sénégal.

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