Conseil consultatif des jeunes : Diomaye Faye mise sur le courage, l’intelligence artificielle et la responsabilité de la jeunesse


À l’occasion de l’installation du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal (CCJS), ce mardi 29 septembre 2026, au Grand Théâtre de Dakar, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a livré un discours axé sur la place des jeunes dans les décisions publiques, les défis de l’intelligence artificielle et la nécessité de préserver les valeurs culturelles sénégalaises. Il a appelé les nouveaux conseillers à faire preuve de courage, d’engagement et de responsabilité pour contribuer à la construction du Sénégal à l’horizon 2050.


Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la participation des jeunes à la vie publique. Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a procédé, ce mardi 29 septembre 2026, à l’installation officielle du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal (CCJS), une instance appelée à servir d’interlocuteur entre la jeunesse, l’État, les ministères et les partenaires au développement. Créé par décret le 5 décembre 2025, ce Conseil concrétise, selon le chef de l’État, un engagement pris le 30 mars dernier au stade Lat-Dior de Thiès : faire en sorte que les jeunes ne soient plus simplement au centre des discours politiques, mais qu’ils participent effectivement aux décisions qui déterminent leur avenir.
« Chez nous on parle beaucoup de la jeunesse et on décide trop souvent sans elle », a rappelé le président de la République, soulignant la nécessité de rompre avec cette pratique.

Le CCJS, un espace de dialogue et de participation citoyenne

Dans son allocution, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la vocation consultative du Conseil, qu’il a présentée comme un prolongement des mécanismes traditionnels de concertation des sociétés sénégalaises. Évoquant le « pénc », espace traditionnel de délibération communautaire, ainsi que les structures générationnelles comme le « maas » chez les Wolofs, le « fedde » chez les Halpulaar et le « kafo » chez les Mandingues, le chef de l’État a rappelé que les jeunes ont historiquement occupé une place dans l’organisation sociale et la solidarité communautaire. Pour lui, l’installation du CCJS traduit ainsi une volonté de renouer avec cet héritage tout en l’adaptant aux réalités contemporaines.
Le président a toutefois précisé que les conseillers ne doivent pas se limiter à approuver les orientations gouvernementales. Il les a invités à exprimer librement leurs préoccupations et à formuler des propositions concrètes, y compris lorsque celles-ci ne correspondent pas aux attentes du pouvoir. « Je ne vous demande pas de m’approuver », a-t-il déclaré, avant d’insister sur la nécessité de faire remonter les réalités du terrain, notamment celles des jeunes qui ne sont pas directement représentés au sein de l’instance. Il a également annoncé que leurs avis seraient examinés et qu’il les recevrait chaque fois que la situation le nécessiterait. Le gouvernement, sous l’autorité du Premier ministre, devra également leur faciliter l’accès aux responsables concernés par les questions d’orientation, de formation professionnelle et de compétences numériques.

Intelligence artificielle : une opportunité à saisir, mais aussi des défis à anticiper

L’un des temps forts du discours présidentiel a été consacré à l’intelligence artificielle (IA), que Bassirou Diomaye Faye considère comme une transformation majeure pour les générations actuelles et futures. Sans céder à la peur face à cette évolution technologique, le chef de l’État a mis en avant les possibilités qu’elle pourrait offrir au Sénégal, notamment dans l’agriculture et l’éducation. Il a ainsi évoqué la perspective de permettre aux agriculteurs d’interroger des outils numériques dans des langues nationales comme le diola ou le sérère afin d’obtenir des réponses adaptées aux maladies affectant leurs cultures. Il a également cité l’exemple des élèves de Salémata ou de Podor qui pourraient bénéficier d’un accompagnement pédagogique comparable à celui dont disposent les élèves des milieux les plus favorisés. Pour le président, l’intelligence artificielle peut contribuer à réduire certaines inégalités d’accès au savoir et à accélérer le développement du pays. Mais cette transformation comporte également des risques. Le chef de l’État a notamment alerté sur la disparition possible de certains métiers, l’apparition de nouvelles professions encore peu prises en compte par les systèmes de formation, ainsi que les menaces liées à la désinformation et à la manipulation des contenus numériques.
Il a, dès lors, appelé les jeunes Sénégalais à dépasser le simple statut d’utilisateurs de technologies conçues ailleurs. « Je ne veux pas d’une jeunesse sénégalaise cliente de l’intelligence des autres », a-t-il affirmé, plaidant pour l’émergence d’ingénieurs, de linguistes, de juristes et d’entrepreneurs capables de concevoir des solutions adaptées aux réalités, aux langues et aux valeurs du Sénégal. Dans cette perspective, il a fait référence au satellite conçu par de jeunes Sénégalais, présenté comme une illustration des capacités nationales d’innovation scientifique et technologique.

Le courage et les valeurs humaines au cœur de son message
Au-delà des compétences techniques, Bassirou Diomaye Faye a placé les valeurs humaines au centre de son intervention. S’appuyant sur les traditions initiatiques de plusieurs communautés du Sénégal, il a établi un parallèle entre les enseignements transmis par les anciens et les défis auxquels les jeunes sont aujourd’hui confrontés.
Selon lui, si les machines peuvent accumuler des connaissances, produire des textes et répondre à une multitude de questions, elles ne peuvent se substituer à l’expérience humaine du courage, de l’honnêteté, de la solidarité et du respect de la parole donnée.
« Elle saura tout. Elle n’aura été initiée à rien », a-t-il déclaré à propos de l’intelligence artificielle. Pour le chef de l’État, le courage constitue une valeur fondamentale, car il permet de maintenir ses principes lorsque leur respect devient difficile. Il a notamment insisté sur le courage de dire la vérité, de rester honnête lorsque le mensonge paraît plus avantageux et de ne pas abandonner ceux qui traversent des épreuves.
Dans le même esprit, il a invité les jeunes à résister à quatre tentations : le sentiment que rien ne dépend d’eux, la dépendance intellectuelle à l’intelligence artificielle, la propagation de fausses informations et l’imitation systématique de modèles extérieurs.
Il les a notamment mis en garde contre les insultes et les atteintes à la réputation sur les réseaux sociaux, appelant à privilégier le débat contradictoire, l’argumentation et le respect de la vérité.

Un appel à des propositions concrètes pour le Sénégal 2050

S’adressant directement aux membres du Conseil, le président de la République leur a demandé de faire preuve de rigueur dans leurs travaux et de privilégier des recommandations précises, chiffrées et réalisables. Ces propositions devront contribuer à l’Agenda Sénégal 2050, qui constitue le cadre de référence des ambitions de transformation du pays. Le CCJS est ainsi appelé à jouer un rôle de relais entre les aspirations des jeunes et les politiques publiques, en accordant une attention particulière aux questions d’emploi, de formation, d’orientation et d’acquisition de nouvelles compétences. Le chef de l’État a également invité les collectivités territoriales, le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers à ouvrir leurs portes aux conseillers afin de faciliter le dialogue et la prise en compte des préoccupations de la jeunesse. L’enjeu, selon lui, est de permettre aux jeunes de contribuer directement à la définition des réponses apportées aux défis de leur génération.

Dakar 2026, une vitrine pour la jeunesse sénégalaise


Le président de la République a également établi un lien entre l’installation du Conseil et les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026. Présentés comme les premiers Jeux olympiques de la jeunesse organisés sur le continent africain, cet événement international constitue, selon le chef de l’État, une occasion pour le Sénégal de mettre en valeur son dynamisme, son hospitalité et les capacités de sa jeunesse. Alors que la flamme olympique traverse les différentes régions du pays, Bassirou Diomaye Faye a invité les jeunes Sénégalais à montrer au monde un pays conscient de ses racines et résolument tourné vers l’avenir.
Évoquant son propre parcours, lui qui a accédé à la magistrature suprême à l’âge de 44 ans, le président a souligné la portée du renouvellement générationnel et la confiance placée dans la jeunesse. Il a conclu son discours par un message adressé directement aux jeunes compatriotes en wolof : « Yéen ndaw ñi, Senegaal wóolu na leen », autrement dit, « Jeunes, le Sénégal vous fait confiance ».

Avec l’installation officielle du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal, le chef de l’État entend ainsi ouvrir un nouvel espace de dialogue entre les pouvoirs publics et les nouvelles générations. Reste désormais à traduire cette ambition en propositions concrètes et en actions susceptibles de répondre aux attentes des jeunes dans toutes les régions du pays.
« Vive la jeunesse, vive la République, vive le Sénégal », a conclu Bassirou Diomaye Diakhar Faye, avant de déclarer officiellement installé le Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal.

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