Coopération transfrontalière/SAFRA-AO 2025 : Yaye Awa Diagne réaffirme son engagement contre les migrations irrégulières et pour le climat

Les fortes convictions de Yaye Awa Diagne, présidente de la SAFRA-AO : changement climatique, migrations irrégulières et renforcement de l’organisation

Les changements climatiques, le phénomène regrettable des migrations irrégulières et le souhait de voir la SAFRA-AO devenir une ONG internationale ont été au cœur des convictions de Yaye Awa Diagne, présidente de l’organisation.

Cette initiative de coopération transfrontalière, lancée il y a 38 ans par des leaders de la jeunesse de Kayes (Mali) et de Tambacounda (Sénégal), s’est élargie aux capitales régionales transfrontalières de Mauritanie, des deux Guinées (Bissau et Conakry) et de Gambie. La 32ᵉ édition de la Semaine de l’amitié et de la fraternité (SAFRA-AO) vient de se tenir à Bassé, à l’est de Banjul, après celle de Tambacounda.

En présence du gouverneur de Bassé, des préfets et maires des régions partenaires, ainsi que des membres du bureau de coordination de la SAFRA-AO, Yaye Awa Diagne a déclaré : « Pour qui connaît la Gambie, les vaillantes et aimables populations de Bassé, cet accueil chaleureux ne saurait surprendre. La coopération transfrontalière est un pilier fondamental pour favoriser la compréhension mutuelle, renforcer les liens entre les régions voisines et promouvoir la paix et la sécurité. La SAFRA ouvre la voie à une intégration plus profonde et durable entre nos nations. »

Elle a rappelé que l’intégration sous-régionale est un moteur clé pour le progrès économique et social et a insisté sur le renforcement de la collaboration entre les populations des localités frontalières :

« En unissant nos forces, les pays membres peuvent créer des synergies et exploiter les avantages dans le commerce, les infrastructures, la santé, l’éducation et bien d’autres domaines. Veillons comme du lait sur le feu à ce que notre espace soit le plus pacifié du continent. »

Sur le changement climatique, elle a souligné : « Les températures deviennent plus élevées, les inondations nous assaillent, plusieurs espèces animales et végétales disparaissent, les denrées alimentaires se raréfient, les risques sanitaires et la pauvreté augmentent, et les déplacements de populations se multiplient. Nous devons tous jouer notre partition pour atténuer ces effets. »

Elle a proposé la mise en place d’un cadre de veille, d’alerte et de suivi des catastrophes naturelles dans le contexte des changements climatiques.

Concernant les migrations irrégulières, Mme Diagne a alerté : « Des centaines de nos jeunes périssent en mer malgré les appels de nos pouvoirs publics et les alternatives proposées. Il est urgent de réfléchir aux moyens de retenir nos jeunes et nos femmes et de proposer des solutions durables. »

Elle a également réitéré son souhait de voir la SAFRA-AO devenir une ONG internationale, avec un accord de siège au Sénégal et des programmes transfrontaliers dans l’environnement, la santé, les mines, la formation professionnelle, l’autonomisation des femmes et l’emploi des jeunes.

Enfin, Yaye Awa Diagne a rendu hommage aux femmes de l’organisation pour leur engagement dans la foire économique de la SAFRA-AO, un espace d’échanges et d’opportunités économiques encore trop peu accompagné.

« Cette foire est un levier indispensable à la survie de la SAFRA-AO. Je souhaite une excellente édition à toutes les vaillantes femmes du réseau, dont le courage, la générosité et le dynamisme ont éclairé plusieurs routes. »

Pape Demba SIDIBE

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