Face à la multiplication des affaires criminelles, la Jama’atou Ibadou Rahmane (JIR) tire la sonnette d’alarme et appelle les autorités, les responsables religieux et la société civile à unir leurs efforts pour préserver la paix sociale et la sécurité nationale.

La Jama’atou Ibadou Rahmane (JIR) exprime sa « vive inquiétude », son « choc profond » et sa « grande tristesse » face à ce qu’elle considère comme une recrudescence préoccupante des crimes violents au Sénégal. Dans une déclaration faite à Thiès, l’organisation islamique condamne fermement les actes criminels et appelle à une réponse collective et rigoureuse.
S’appuyant sur le verset 32 de la sourate Al-Maïda, qui souligne la sacralité de la vie humaine, la JIR rappelle son rejet absolu de toute forme de violence et de toute atteinte au droit à la vie.
Plusieurs affaires criminelles citées
Dans sa déclaration, la Jama’atou Ibadou Rahmane évoque plusieurs tragédies qui ont marqué l’opinion publique sénégalaise. Elle cite notamment l’assassinat de Fatoumata Makhtar Ndiaye, ancienne membre du Conseil économique, social et environnemental, ainsi que le meurtre d’une femme à Tambacounda.
La JIR revient également sur la récente affaire de Tivaouane, où une jeune fille a été tuée dans un contexte présenté comme lié à des pratiques de sorcellerie et de charlatanisme.
L’organisation inclut également dans son analyse les violences enregistrées lors des événements politiques survenus entre 2021 et 2024, ainsi que d’autres homicides dont les victimes auraient été retrouvées sur leur lieu de travail ou tuées dans le cadre de règlements de comptes.
La JIR alerte sur le charlatanisme et les pratiques occultes
Au-delà de la condamnation des crimes, la JIR met particulièrement en garde contre ce qu’elle qualifie de « prolifération d’idéologies obscurantistes et de pratiques exogènes ».
Elle estime que certains homicides associés à des pratiques rituelles ou occultes constituent une menace pour la sécurité publique et la stabilité sociale. L’organisation appelle ainsi à une lutte plus déterminée contre le charlatanisme et demande que les personnes impliquées dans d’éventuels réseaux criminels soient poursuivies conformément à la loi.
La JIR réclame également une vaste campagne de sensibilisation afin d’informer les populations sur les dangers de ces pratiques et de rappeler leur incompatibilité avec les principes de la foi musulmane.
Renforcer le dispositif sécuritaire
Face à cette situation, la Jama’atou Ibadou Rahmane interpelle directement le chef de l’État et le gouvernement.
Elle demande notamment une application rigoureuse de la loi et des sanctions pénales suffisamment dissuasives contre les auteurs d’infractions graves. Elle préconise également le renforcement du maillage sécuritaire, particulièrement dans les agglomérations et les régions de l’intérieur du pays.
La protection des populations vulnérables, notamment les femmes et les enfants, figure parmi les priorités mises en avant par l’organisation.
Un appel aux autorités religieuses et à la société civile
Pour la JIR, la lutte contre la criminalité ne peut cependant pas reposer uniquement sur l’État et les forces de sécurité. Elle appelle les « forces vives de la Nation » à s’impliquer davantage.
Les Khalifes généraux et autres autorités religieuses sont invités à mobiliser les imams, prédicateurs et responsables religieux autour de la sacralité de la vie humaine, de la condamnation du charlatanisme et des pratiques occultes, mais aussi de la promotion de la tolérance et de la cohésion sociale.
La JIR interpelle également les organisations de défense des droits humains et la société civile. Elle leur demande d’intensifier les campagnes de sensibilisation, d’apporter une assistance juridique et un accompagnement psychologique aux familles des victimes et de renforcer le plaidoyer en faveur d’un cadre législatif et réglementaire plus dissuasif.
Les leaders communautaires et les notables sont, eux aussi, invités à contribuer à la revitalisation des valeurs de la « Teranga » et à exercer une vigilance citoyenne en signalant aux autorités tout comportement jugé suspect.
« Une obligation collective »
Dans sa conclusion, la Jama’atou Ibadou Rahmane appelle toutes les composantes de la société sénégalaise à unir leurs efforts contre la criminalité et les violences.
Pour l’organisation, la sécurité publique, l’ordre et la stabilité du pays constituent une responsabilité collective. Elle exhorte les Sénégalais à ne pas laisser « la barbarie et l’obscurantisme » menacer la paix sociale.
La JIR réaffirme ainsi son attachement à un Sénégal « sûr, stable et uni », estimant que la préservation de la paix et de la sécurité constitue un devoir partagé par l’ensemble de la Nation.
