Le personnel de la Société nationale de télécommunication sort de sa réserve et annonce un dépôt de préavis de grève. Lors d’un face à face avec la presse ce 14 avril , les responsables syndicales de ladite entreprise ont égrené un chapelet de doléances. Rose Marie Diouf, secrétaire général du syndicat SNTP, déclare, « Aujourd’hui, nous ne pensons que la direction générale au lieu d’être empathique envers son personnel qui aujourd’hui est le maillon qui a travaillé pour que ces résultats puissent être maintenus par l’entreprise. Ces personnels ne puissent pas recevoir un bravo et que les clients qui sont notre raison de vivre soient aujourd’hui pris en otage dû fait d’un mécontentement que nous nous suivons tous à travers des offres et ce depuis plusieurs temps. C’est pourquoi nous pensons qu’il est temps de fustiger cette stratégie capitaliste de Sonatel », a –t- elle assuré. A l’en croire, les organisations intersyndicales se sont opposées à cette situation, appelant régulièrement l’Etat du Sénégal à plus de patriotisme économique pour protéger la Sonatel qui n’est pas française mais panafricaine car présente dans plusieurs pays de la sous-région. « Nous l’avons dit nous nous battons depuis plusieurs années. Nous pensons que cette stratégie qui est menée n ‘a qu’un seul point d’ordre de satisfaire l’actionnaire principal qui est orange France Télécom et l’Etat. Nous pensons qu’aujourd’hui la Sonatel , elle est faite de plusieurs partie prenantes que sont les clients et le personnel . IL faudrait que ces parties prenantes puissent sentir à l’aise et puisse avoir une juste contribution, une juste répartition des fruits de la richesse de l’entreprise. La Sonatel elle est sénégalaise car elle est détenue à 27% par l’Etat », a –elle – assuré.
Evoquant les problèmes qui existent entre les clients et la Sonatel , elle ajoute «La fixation du prix et de l’offre relève de la stratégie. L’actionnaire principale n’a qu’un seul but, c’est d’avoir un rendement énorme, de gagner beaucoup plus. Forcément sa volonté ne sera pas de pouvoir amener une réduction ou de pouvoir s’aligner à certains montants », a –t- elle déploré en faisant allusion au combat que le personnel avait mené en 2019 pour contrer la mainmise de l’actionnaire Orange aidé par l’Etat du Sénégal. « Cette mainmise fait de l’Afrique une mine de CFA à exporter et à transformer en Euro pour la grande métropole. Voici la situation explosive de la gestion calamiteuse de la nouvelle équipe dirigeante de la Sonatel », a fustigé Rose Marie Diouf.
Prenant la parole à son tour Mohamed Lamine Badji, secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Sonatel, a déploré à son tour la bisbille qui existe entre la société sénégalaise et les travailleurs. « La plupart des sénégalais nous reprochent des choses à tort ou à raison. Il faudrait que la direction générale essaie d’établir un dialogue pour installer un climat de confiance. Devant le constat que la direction générale de Sonatel est aujourd’hui sans retenue, ni éthique, résolument orienté à satisfaire qu’une seule partie prenante (les actionnaires principaux) au détriment du client et du personnel. L’intersyndicale tient à tenir à témoin l’option nationale et internationale. Cette organisation syndicale annonce qu’elle est contre tout capitalisme qui exploite l’Homme au bénéfice d’une minorité. Elle dénonce énergiquement l’exploitation des jeunes diplômés payés au rabais avec des emplois d’intérimaires par Sonatel. Ladite organisation syndicale appelle la Direction Générale de Sonatel à plus d’empathie et à rétablir un climat de confiance avec nos clients qui souffrent. Elle déclare à l’attention de la Direction Générale de Sonatel et de son conseil d’administration que le personnel ne sera jamais, s’il plaît à Dieu, une variable d’ajustement pour les intérêts d’Orange et de l’Etat actionnaire principalement. Elle affirme sa détermination à continuer la lutte sous toutes ses formes légales afin de rétablir une juste répartition des fruits de la croissance de Sonatel entre les clients, le personnel et les actionnaires.
Selon toujours M.Badji , le secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Sonatel, « Nous allons nous battre jusqu’au bout que tous les sénégalais se retrouvent dans cette gestion de même que les actionnaires principaux. Le conseil d’administration, nous le répète très souvent. Selon eux la masse salariale est très importante. Nous on fait de meilleurs résultats que France Télécom. Mais leur masse salariale est bien plus importante que la nôtre. Cela donne même des frustrations. Cela veut dire que vous négres , vous ne méritez une rémunération conséquente. Alors que le blanc qui n’est pas plus performant mérite plus que nous. A chaque année, ils ont des négociations de hausses de salaires. Ce qui n’est pas le cas dans notre pays », a –t- il affirmé. « Vous comprenez que nous ne sommes pas à l’aise pour faire des réclamations qui sont d’ailleurs légitimes. Nous voulons que le conseil d’administration e préoccupe du client en priorité après le personnel pourra venir en dernier. Le client est au centre de notre combat. Pour ce qui et de notre plan d’action. On a déposé un préavis et ne soyez pas surpris que dans les jours à venir qu’on décrète un mot d’ordre de grève. Mais au-delà cela il y aura d’autres actions. La direction peut éviter tout cela en entendant notre appel à la raison », a annoncé Mohamed Lamine Badji, secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Sonatel lors de sa prise de parole à cette rencontre avec la presse qui s’est tenue hier à Dakar .
