Dakar / 5ᵉ Semaine Climat et Énergie : Enda Énergie et ses partenaires sonnent la mobilisation pour la « transformation durable » des territoires.

Face à l’urgence des crises environnementales contemporaines, les réponses globales doivent désormais s’ancrer au cœur des réalités locales. C’est tout l’enjeu de la 5ᵉ édition de la Semaine Climat et Énergie, initiée par l’ONG Enda Énergie et son réseau de partenaires, qui s’ouvre ce lundi 20 juillet à Dakar Jusqu’au 24 juillet.

À cet effet, décideurs, experts et organisations de la société civile se penchent sur une problématique cruciale, résumée par le mot d’ordre de cette année : « Transformons durablement nos territoires ».

Selon les initiateurs, au-delà d’une simple rencontre d’échanges, ce rendez-vous se veut un laboratoire d’idées et de solutions concrètes pour repenser les modèles de développement en Afrique de l’Ouest.

Pour le directeur exécutif de ENDA Énergie, Emmanuel Seck, l’opérationnalisation de cette transition territoriale requiert un changement profond de paradigme. Loin des schémas descendants et purement théoriques, l’ingénieur en chef de l’événement articule sa vision autour d’un triptyque conceptuel rigoureux notamment : le savoir, le pouvoir et l’action climatique. Une approche qui impose, selon lui, une introspection immédiate sur les dynamiques locales.

« Nous avons orienté ce thème sur la transformation de nos territoires pour nous inviter à réfléchir déjà sur les potentialités de nos localités, mais revoir aussi nos approches de développement », explicite d’emblée le directeur exécutif.

Poursuivant son analyse, Emmanuel Seck soutient que : « la viabilité des politiques d’adaptation, de gestion durable des terres ou de préservation de la biodiversité dépend structurellement de la place accordée aux communautés de base », a-t-il fait valoir, jugeant à cet égard, « l’impératif d’opérer une véritable mue culturelle afin d’explorer de manière optimale les niches de croissance des terroirs, qu’il s’agisse de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de l’agroforesterie ou de la pisciculture ».

Le principal écueil réside toutefois, selon le directeur exécutif, dans la marginalisation des compétences locales. « Je déplore le fait que les acteurs institutionnels n’aient pas suffisamment valorisé les connaissances endogènes développées empiriquement dans ces zones », a-t-il regretté.

Pour étayer son propos, le patron d’Enda Énergie convoque des exemples de résilience patrimoniale particulièrement éloquents : « Si vous allez dans la zone de Casamance, avec la gestion des connaissances endogènes, par exemple pour la préservation des forêts, les forêts sacrées, vous verrez que dans ces sites-là, ce sont des sites qui offrent des potentialités en matière de biodiversité. Vous allez dans les îles Serères, où il y a des îles sacrées, qui sont des zones de conservation ».

Aussi, dit-il, « Autant de pratiques éprouvées et assimilées par les populations locales qui demeurent pourtant, regrette-t-il, dans l’angle mort des stratégies nationales de lutte contre la dégradation des terres », a souligné M. Seck.

Dès lors, la Semaine Climat et Énergie se positionne comme un espace de convergence stratégique. Bien plus qu’un simple partage d’expériences de terrain, la plateforme ambitionne de porter le débat sur le terrain des principes directeurs, notamment l’équité, la justice climatique et l’accès équitable aux ressources.

Cette démarche s’inscrit d’ailleurs dans un agenda diplomatique mondial exceptionnellement dense. L’année 2026 se distingue en effet par la tenue concomitante de trois Conférences des Parties (COP) majeures : le Climat, la Désertification et la Biodiversité.

Face à ce calendrier, Emmanuel Seck lance un appel pressant à la cohérence institutionnelle, rappelant que si les concepts sémantiques varient d’une instance à l’autre, les réalités de terrain exigent des réponses identiques. C’est pourquoi il préconise une remontée structurée des recommandations locales vers l’échiquier international, afin que les mécanismes de financement multilatéraux s’ajustent enfin aux attentes réelles des populations.

Partenaire stratégique de cette initiative, l’action de l’ONG canadienne Développement International des Jardins (DID) s’articule autour de trois piliers majeurs pour transformer durablement les territoires selon les explications de sa directrice du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest, Micheline Diop Niang.

Parmi leurs engagements se figurent, l’autonomisation par les énergies renouvelables : « En phase avec l’objectif du Sénégal d’atteindre 40 % de mix énergétique d’ici 2030, DID intègre activement les femmes et les jeunes dans cette chaîne de valeur », a-t-elle expliqué.

Ainsi ajoute Michèle Diop Niang, « l’accès aux technologies solaires (pompes, congélateurs, foyers améliorés) leur permet de réduire la pénibilité des tâches quotidiennes, de gagner du temps et de générer des revenus pour renforcer leur poids économique familial ».

Et enfin, le levier de l’inclusion financière : « Consciente que la cherté des équipements solaires freine leur adoption, l’ONG collabore avec les institutions financières locales pour concevoir des offres de crédit adaptées, garantissant ainsi l’autonomie et la durabilité des projets pour les populations de base », a-t-elle conclu, prônant la co-construction et la formation après avoir diagnostiqué les principaux obstacles sur le terrain.

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