Dans le cadre d’une initiative soutenue par le ministère de l’Agriculture, un atelier de trois jours a démarré ce jour à Dakar, autour de l’approche SHEP (Strengthening High-Value Agricultural Products). La rencontre, tenue dans les locaux du ministère de l’Agriculture à Diamniadio, met en lumière l’importance stratégique de cette méthode innovante, qui vise à transformer en profondeur la manière dont les producteurs agricoles abordent la commercialisation de leurs produits.

Ouvrant les travaux, Cheikh Ahmed Basirou Sané, directeur de l’Horticulture, a souligné l’impact économique majeur de l’approche SHEP. Dans un contexte où l’augmentation de la production agricole doit impérativement s’accompagner d’une réflexion structurée sur l’écoulement des produits, cette démarche apparaît plus pertinente que jamais. « Nous menons une politique ambitieuse pour booster la production, mais il est tout aussi essentiel d’anticiper la commercialisation. L’approche SHEP amène les producteurs à réfléchir au marché avant même de s’engager dans la production », a-t-il déclaré.

Traditionnellement, les producteurs se concentraient sur la culture avant de s’interroger sur la vente, un schéma à l’origine de nombreuses difficultés de commercialisation. Cette logique est aujourd’hui remise en question, notamment en raison de la forte périssabilité des produits horticoles. Grâce à l’approche SHEP, les producteurs sont encouragés à identifier et contractualiser à l’avance avec des acheteurs potentiels — exportateurs, transformateurs ou détaillants — afin de sécuriser leurs débouchés avant la récolte.
L’atelier réunit des experts et des représentants de 14 pays africains, venus partager leurs expériences autour de cette approche novatrice. Cheikh Ahmed Basirou Sané a insisté sur l’intérêt de ces échanges : « Ils nous permettront de réfléchir à l’institutionnalisation de l’approche SHEP et à son intégration dans nos dispositifs de conseil agricole. » L’objectif est en effet de doter les agents de développement des outils et compétences nécessaires pour accompagner efficacement les producteurs sur le terrain.

Prenant également la parole, Souleymane Yacouba, directeur national de l’Agriculture du Mali, a salué les résultats probants de l’approche SHEP dans son pays. « Cette méthode a permis d’établir un lien direct entre producteurs et acheteurs. Elle est désormais intégrée aux curricula de formation des agences agricoles au Mali », a-t-il expliqué, illustrant ainsi la pertinence de l’approche face aux réalités économiques des agriculteurs ouest-africains.
L’expertise partagée lors de cet atelier dépasse le seul cadre de l’horticulture. L’approche SHEP a démontré sa flexibilité, en s’étendant à des secteurs tels que la viticulture, l’élevage et la pisciculture, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités aux producteurs. À ce titre, Cheikh Ahmed Basirou Sané a mis en exergue l’importance de la diversification des productions pour faire face aux défis liés à la saisonnalité et à la volatilité des marchés.
Bien plus qu’un simple cadre de sensibilisation, cet atelier de Dakar marque un tournant stratégique dans les politiques de développement agricole en Afrique. En repensant le lien entre production et commercialisation, les pays participants esquissent les contours d’un avenir plus durable et plus rémunérateur pour les producteurs, tout en contribuant au renforcement de la sécurité alimentaire régionale. Un moment fort, où innovation et espoir convergent pour redéfinir l’agriculture africaine.

