Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, s’en prend au discours actuel d’Ousmane Sonko sur la situation économique et financière du Sénégal. Dans un entretien accordé à EvenProd, il affirme que l’ancien Premier ministre avait donné son accord au principe d’une restructuration de la dette alors qu’il était encore aux commandes du gouvernement.

« En Conseil des ministres, il a donné son accord pour la restructuration »
Abdourahmane Diouf met les pieds dans le plat. Interrogé sur les critiques formulées contre les choix économiques actuels du gouvernement, le ministre de l’Énergie et du Pétrole affirme qu’Ousmane Sonko avait, avant son départ de la Primature, validé le principe d’une restructuration de la dette.
« En Conseil des ministres, il a donné son accord pour la restructuration », soutient-il, précisant que cet aval aurait été donné « avant de partir » et « avant de quitter le gouvernement ».
Une déclaration qui vise directement le débat actuel sur la gestion de la dette publique. Pour Abdourahmane Diouf, il serait difficile de dissocier les décisions prises aujourd’hui de celles qui avaient été envisagées alors qu’Ousmane Sonko dirigeait encore le gouvernement.
Le ministre veut « rétablir la vérité »
Le ministre assure toutefois ne pas vouloir s’inscrire dans une confrontation politique avec l’ancien Premier ministre. Il estime néanmoins nécessaire de rappeler les décisions prises au sommet de l’État avant le changement intervenu à la Primature.
« Je ne veux pas être dans le jeu de cette politique, mais il faut quand même rétablir la vérité », déclare-t-il.
Selon lui, Ousmane Sonko, qui a dirigé le gouvernement pendant près de deux ans, avait lui aussi la responsabilité de prendre des décisions face aux contraintes financières auxquelles le pays était confronté.
La déclaration du 22 mai remise sur la table
Abdourahmane Diouf revient également sur une déclaration qu’il attribue à Ousmane Sonko lors de son dernier jour comme Premier ministre, le 22 mai 2026, à l’Assemblée nationale.
Alors que les débats portaient notamment sur la hausse du coût des denrées de première nécessité, l’ancien Premier ministre aurait reconnu que la persistance des difficultés économiques pourrait contraindre l’État à revoir certains prix.
« Si la situation continue comme ça… nous allons être obligés d’augmenter les prix », rapporte le ministre.
Une contradiction que le ministre entend souligner
À travers ces deux épisodes — l’accord supposé donné en Conseil des ministres sur la restructuration de la dette et la déclaration du 22 mai sur une éventuelle hausse des prix — Abdourahmane Diouf cherche à mettre en évidence ce qu’il considère comme une évolution du discours d’Ousmane Sonko.
Son interrogation est ainsi posée : ce qui était envisagé ou accepté lorsque l’ancien Premier ministre était aux responsabilités devient-il contestable depuis son départ de la Primature ?
Sans vouloir, dit-il, s’enfermer dans une polémique politicienne, le ministre appelle à revenir aux faits et aux décisions prises dans les instances officielles de l’État.
Pour Abdourahmane Diouf, le débat sur la situation économique du Sénégal ne peut donc être dissocié des décisions prises lorsque les mêmes responsables étaient encore aux commandes du gouvernement.
