L’extension progressive du modèle d’enseignement bilingue implique une formation adaptée des enseignants, ainsi qu’une réflexion sur la soutenabilité de son coût, dans un contexte marqué par le retrait de l’ancien principal bailleur, l’USAID.

Les autorités ont alors, dans une démarche de souveraineté et en raison de l’importance accordée à l’éducation et à cette réforme, poursuivi la mise en œuvre du modèle grâce à un financement endogène, tout en privilégiant l’expertise locale.
Du point de vue pratique, un nouveau dispositif basé sur les Journées pédagogiques a été mis en œuvre au cours de l’année écoulée.
Après un an de mise en œuvre, il est apparu nécessaire de procéder à une analyse rigoureuse, participative et documentée du dispositif de formation, notamment en termes de pertinence, d’efficacité et d’efficience.
C’est à cet exercice qu’ont été conviés, à Thiès, outre les membres de l’Équipe technique nationale du MOHEBS, des inspecteurs points focaux, des directeurs-formateurs, des enseignants formés ainsi que des universitaires.
Le principal outil de collecte des données a été un questionnaire en ligne, préalablement soumis aux différents acteurs — inspecteurs, directeurs et enseignants — puis traité. Ce dispositif a été complété par les rapports des superviseurs et des experts, ainsi que par le retour d’expérience des participants à l’atelier, qui sont, à différents niveaux, des acteurs de la mise en œuvre.
L’atelier d’évaluation s’est articulé autour de trois grands axes : les contenus, le dispositif organisationnel et les formateurs. Ce sont également les contours que devrait suivre le rapport général d’évaluation destiné à l’autorité de tutelle.
Parmi les principales conclusions, l’atelier a mis l’accent sur la nécessité d’adapter les contenus au temps consacré à la formation, soit en augmentant la durée des sessions, soit en allégeant les modules.
La dimension pratique, prise en charge à travers les modélisations et les simulations, a été particulièrement plébiscitée. Elle permet en effet aux acteurs de se mettre en situation concrète de classe, les formateurs jouant le rôle des enseignants et les participants celui des apprenants. Cette approche a favorisé une meilleure articulation entre les deux dimensions de la formation : la théorie et la pratique.
Si le matériel pédagogique a été jugé globalement pertinent, le retard dans sa mise à disposition a eu un impact négatif aussi bien sur les formations que, par la suite, sur les enseignements en situation de classe.
Les modalités de prise en charge pourront également être améliorées.
D’autres aspects, notamment la formation au niveau des districts, la période de tenue de ces activités ainsi que les conditions matérielles dans les centres de formation, ont également été abordés.
En définitive, si le format des Journées pédagogiques a fait ses preuves en termes de pertinence et d’efficience, des réajustements restent néanmoins nécessaires pour en améliorer les résultats. La tutelle devrait, sans nul doute, veiller à leur prise en compte.
MF
