Dakar -Avec un taux d’occupation de 75,7 % chez les diplômés des cohortes 2022-2023 et un niveau de satisfaction de 97,2 %, l’Approche par les Compétences (APC) affiche des résultats encourageants au Sénégal. Une évaluation nationale, restituée ce mardi 29 septembre 2026 à Dakar, met toutefois en lumière des défis à relever pour améliorer davantage la qualité des formations et répondre aux besoins du marché du travail.

La Direction des Curricula et Innovations pédagogiques (DCIP), relevant de la Direction générale de la Formation professionnelle et technique, a organisé, ce mardi 29 septembre 2026 à Dakar, un atelier tripartite consacré à la restitution et à la validation de l’évaluation de la mise en œuvre de l’Approche par les Compétences (APC) dans le système de formation professionnelle et technique au Sénégal. Présidée par Mamadou Mbengue, conseiller technique du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, la rencontre a réuni plusieurs acteurs du secteur. Des représentants de l’État, des organisations patronales et syndicales, des établissements de formation, du secteur productif ainsi que des partenaires techniques et financiers ont pris part aux échanges. La rencontre s’est notamment déroulée en présence du directeur général de la Formation professionnelle et technique et de Samira Daoud, directrice du Bureau Afrique de l’Ouest de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Des résultats encourageants pour l’insertion professionnelle
Réalisée avec l’appui de l’OIT, dans le cadre du Global Skills Programme, financé par la Norvège, l’évaluation a couvert l’ensemble des 14 régions du Sénégal. Elle a porté sur un échantillon composé de 50 structures de formation, 50 entreprises et 190 diplômés.
Les résultats révèlent des indicateurs encourageants concernant l’insertion professionnelle et la perception des bénéficiaires. Le taux d’occupation des diplômés des cohortes 2022-2023 s’établit à 75,7 %, tandis que 97,2 % des diplômés interrogés se déclarent satisfaits de la formation reçue.
L’étude souligne également la contribution de l’APC au développement des compétences techniques, à l’adaptation des diplômés à leur poste de travail et à leur capacité à poursuivre leurs apprentissages. Cette approche pédagogique vise notamment à rapprocher les formations des exigences concrètes des métiers et des attentes des entreprises.

Des défis persistants à relever
Malgré ces acquis, l’évaluation relève plusieurs insuffisances qui pourraient limiter l’efficacité du dispositif. Les principaux défis concernent le pilotage de l’APC, les mécanismes d’assurance qualité, la formation continue des formateurs, la disponibilité des équipements pédagogiques et l’actualisation des référentiels de formation.
Ces enjeux soulignent la nécessité de poursuivre les efforts afin de garantir des enseignements adaptés aux mutations du marché du travail, aux nouvelles exigences des entreprises et aux évolutions technologiques.
La qualité des équipements, le renforcement des capacités des formateurs et la mise à jour régulière des contenus pédagogiques apparaissent ainsi comme des leviers essentiels pour consolider les acquis de l’Approche par les Compétences.
22 recommandations pour préparer la feuille de route 2027-2032

Au cours de l’atelier, les participants ont examiné 22 recommandations destinées à améliorer la mise en œuvre de l’APC. Celles-ci s’articulent autour de quatre axes stratégiques : Piloter, Actualiser, Capaciter et Associer.
Ces orientations visent notamment à renforcer la gouvernance du dispositif, à adapter les référentiels aux besoins réels du secteur productif, à développer les compétences des formateurs et à favoriser une implication accrue des entreprises et des autres parties prenantes.
Les échanges ont pour objectif de contribuer à la consolidation de la feuille de route 2027-2032, qui devra permettre de mieux structurer les interventions et d’améliorer durablement les performances du système de formation professionnelle et technique.
À travers cette démarche d’évaluation et de concertation, les autorités et leurs partenaires entendent renforcer l’adéquation entre les formations dispensées, les besoins en main-d’œuvre qualifiée et les réalités économiques des territoires.
L’enjeu est de faire de la formation professionnelle et technique un levier majeur d’employabilité, d’insertion des jeunes et de développement économique au Sénégal.
