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GREVE DES TRANSPORTEURS A KOLDA : UNE PARALYSIE QUASI TOTALE DU TRAFIC

   La gare routière de Kolda connaît, en ce lundi matin, une situation de forte perturbation due à un mot d’ordre de grève de 72 heures lancé par les syndicats des transporteurs et routiers du Sénégal. Cette mobilisation, largement suivie, plonge de nombreux voyageurs dans le désarroi, les départs étant devenus extrêmement limités.

         Selon certains responsables syndicaux, le mouvement de grève enregistre un taux de suivi estimé à 97 %. Une mobilisation massive qui traduit le profond malaise qui secoue le secteur du transport. Les transporteurs entendent ainsi exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de silence persistant des autorités sur leurs revendications. Le ministre chargé des transports n’a nullement l’intention de donner une suite à ces doléances qu’ils estiment très légitimes 

       Les griefs soulevés par les acteurs du transport sont nombreux. Au cœur de ce mouvement d’humeur, les acteurs du transport dénoncent une série de mesures qu’ils jugent contraignantes et préjudiciables à la viabilité de leur activité. Parmi les griefs les plus fréquemment évoqués figurent les tracasseries administratives liées à la visite technique des véhicules.               Les transporteurs pointent du doigt des procédures qu’ils estiment lourdes, coûteuses et parfois entachées d’irrégularités, rallongeant les délais d’exploitation et augmentant les charges d’entretien. Pour une visite technique il reste une obligation de se déplacer jusqu’à Dakar pour les opérations de visites techniques. Cela pourrait prendre des semaines voire des mois selon le président de la gare routière de Kolda monsieur Bouly Diedhiou. « Nous ne sommes pas contre la visite technique des véhicules toutefois c’est le format qui pose problème » a martelé monsieur Diédhiou.

       À cela s’ajoute la récente limitation du nombre de places assises, passé de 14 à 11 sièges dans les véhicules de transport interurbain communément appelés Toyota Hiace alias « cheikhou charif ». Une mesure perçue comme un coup dur par les professionnels du secteur, qui y voient une baisse significative de leurs recettes journalières. En réduisant leur capacité de transport sans compensation, les syndicats estiment que cette décision fragilise davantage un secteur déjà confronté à de multiples difficultés économiques.

        Selon le président de la gare routière, ces contraintes cumulées impactent directement la rentabilité des exploitants et détériorent leurs conditions de travail. Ils appellent ainsi les autorités à une révision urgente de ces mesures, plaidant pour un cadre réglementaire plus adapté aux réalités du terrain. L’un des responsables syndicaux, DialtaNdjim, a réaffirmé la détermination des transporteurs à poursuivre le mouvement jusqu’à satisfaction de leurs revendications. De son côté, en phase avec le collectif And Doolel Alassane Ndoye, le chef de la gare routière de Kolda Bouly Diédhiou a également renouvelé son adhésion au mot d’ordre de grève de 72 heures, reconductible si nécessaire. Face à l’absence de réaction concrète des autorités gouvernementales, les acteurs du transport n’excluent pas de durcir leur mouvement dans les jours à venir. Une telle évolution pourrait accentuer les difficultés de déplacement pour les populations et impacter l’activité économique de la région. La grève en cours dans le secteur des transports met en lumière des tensions profondes et persistantes entre les transporteurs et les autorités publiques.

Derrière ce mouvement social se dessinent des revendications anciennes, souvent restées sans réponse concrète, portant notamment sur les conditions de travail, la fiscalité, les coûts d’exploitation et la régulation du secteur. Depuis plusieurs jours, la mobilisation perturbe significativement la circulation des biens et des personnes, affectant aussi bien les usagers que l’économie locale. Les professionnels du transport dénoncent une accumulation de contraintes qu’ils jugent de plus en plus difficiles à supporter, dans un contexte déjà marqué par le fardeau des prix du carburant et la concurrence accrue. De leur côté, les autorités mettent en avant la nécessité de maintenir un cadre réglementaire garantissant la sécurité et l’équilibre du marché. Ce bras de fer révèle surtout un déficit de communication et de concertation permanente entre les différentes parties. L’absence de dialogue structuré et continu semble avoir contribué à l’enlisement de la situation, transformant des revendications sectorielles en crise plus large. Les tentatives de médiation, lorsqu’elles existent, apparaissent encore insuffisantes pour désamorcer durablement les tensions. Face à cette situation, l’urgence d’un dialogue sincère et constructif s’impose. Sans une volonté commune de compromis, le risque d’une paralysie prolongée du secteur demeure réel, avec des conséquences potentiellement lourdes pour l’ensemble de l’économie et pour les populations dépendantes des services de transport. La résolution de ce conflit passe donc inévitablement par une écoute mutuelle et la mise en place de solutions concrètes, adaptées aux réalités du terrain a conclu monsieur le président Bouly Diédhiou.

Mamadou TAMBOURA 

Correspondant permanent 

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