
Guinguinéo, l’un des départements ruraux les plus anciens du Sénégal, peine encore à prendre son envol. Face à une réalité marquée par le sous-développement, l’insécurité et un déficit criant d’infrastructures, la Convergence des Forces Citoyennes de Guinguinéo (CFCG/And Ci Deeg) a organisé une conférence de presse ce dimanche 6 juillet 2025 pour dénoncer l’inaction et interpeller les autorités sur la situation alarmante du territoire.
Entouré de plusieurs mouvements de soutien, dont And Faal Bamba Cissé, le leader du collectif, Bamba Cissé, a pris la parole pour faire un état des lieux préoccupant : « Guinguinéo fait face à une pauvreté structurelle, à l’absence d’infrastructures de base, à un chômage endémique chez les jeunes et à un accès limité aux soins de santé », a-t-il souligné.
Insistant sur l’importance de l’unité et de la responsabilité politique, il appelle à dépasser les clivages : « La politique consiste à désigner un adversaire, mais l’adversité n’est pas l’animosité. Guinguinéo est une petite commune où tout le monde est parent. Apprenons à nous unir quand l’intérêt collectif l’exige. »
Parmi les préoccupations majeures soulevées : l’insécurité. Le collectif a rappelé le drame survenu il y a quelques mois avec le décès non élucidé de Coumba Daly Diallo, appelant les autorités à renforcer les dispositifs sécuritaires dans la commune.
À cela s’ajoutent de nombreuses revendications structurelles :
• L’installation d’un commissariat de police,
• La création d’un tribunal d’instance,
• Une perception du Trésor,
• Et d’autres services publics indispensables au bon fonctionnement d’un département.
Le district sanitaire de Guinguinéo, avec un plateau médical vétuste et un personnel sous-équipé, incarne selon le collectif l’abandon dont souffre la localité. Le manque d’infrastructures sportives, comme le stade municipal, ajoute au sentiment de marginalisation des jeunes.
Symbole du dynamisme passé, le train occupait une place centrale dans la vie économique du département. « Le train, c’était notre vie. Il permettait de transporter les marchandises, d’aller vendre au marché de Dakar ou de recevoir des visiteurs. Depuis qu’il ne passe plus, tout est plus difficile et plus cher », regrette Bamba Cissé.
La reprise du trafic ferroviaire apparaît dès lors comme une priorité, non seulement pour désenclaver Guinguinéo, mais aussi pour relancer son économie locale.
« Face à toutes ces préoccupations, notre devoir en tant que leaders est de rester aux côtés de la population, d’écouter, de rassurer et de continuer à porter leurs voix », a conclu M. Cissé, dans un appel à l’action adressé aussi bien aux autorités qu’à la conscience collective.
