
La frontière administrative mal définie entre les communes de Ndiago et Mbar, dans le département de Guinguinéo (région de Kaolack), continue d’alimenter des conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs. Chaque année, le même scénario se répète : champs détruits par le bétail, couloirs de passage rétrécis, affrontements violents et déplacements de populations.

Un parcours de bétail contesté
Au cœur du différend, le parcours national de bétail de Djiolofène, qui mène jusqu’au Djolof, suscite de vives polémiques. Selon le maire de Ndiago, Balla Sall, ce parcours a été récupéré par un guide religieux se réclamant propriétaire sur la base de délibérations municipales.
« Une délibération n’est valable que sur une assiette foncière bien déterminée. Le conseil municipal de Mbar n’a pas compétence pour délibérer sur une parcelle relevant de Ndiago, et inversement », a-t-il déclaré.
Pour l’édile, cette situation a conduit à une perte progressive de terres au profit de la commune voisine de Mbar, provoquant le déplacement de plusieurs familles et une insécurité foncière persistante.

Face à cette escalade, le maire de Ndiago en appelle directement au chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, à son Premier ministre et au ministre en charge des collectivités territoriales. Il leur demande de « diligenter le bornage et de mettre fin aux litiges avant qu’il ne soit trop tard ».

Les éleveurs montent au créneau
La tension a franchi un nouveau cap avec l’entrée en scène de la Convergence nationale des fils d’éleveurs du Sénégal (CNFES). Son coordonnateur, Sidate Sow, a dénoncé lors d’un point de presse tenu ce lundi 18 août 2025 à Ndiolofène, des « violations graves et répétées ».
Parmi elles :
- des violences physiques et harcèlements visant des jeunes filles,
- des saisies arbitraires de bétail,
- des mutilations de jeunes bergers, parfois âgés de seulement 14 ans.
« Nous exigeons des enquêtes approfondies et la poursuite des auteurs. Nous appelons également les organisations de défense des droits humains et la société civile à se mobiliser pour soutenir les victimes et demander justice », a martelé M. Sow.

Un conflit ancien, mais toujours d’actualité
Ce conflit foncier, nourri par le manque de délimitation officielle et de concertation, illustre une problématique récurrente dans plusieurs zones rurales du pays : la difficile cohabitation entre agriculture et élevage, dans un contexte de pression démographique et de raréfaction des ressources.
