Hôpital de la Paix de Ziguinchor : l’Intersyndicale alerte sur une situation « critique » et annonce une série de grèves

ZIGUINCHOR – L’Intersyndicale de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor tire la sonnette d’alarme sur les difficultés auxquelles fait face l’établissement. Réunissant notamment le SAMES, le SNT et le SUTSAS, le collectif dénonce des dysfonctionnements liés aux infrastructures, au plateau technique, aux effectifs et aux finances. Face à ce qu’elle considère comme l’absence de réponses concrètes de la direction, l’Intersyndicale annonce un nouveau plan d’action pour le mois de septembre 2026.

La tension monte à l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor. Après une rencontre avec la direction, tenue sous l’égide de l’inspection du travail, l’Intersyndicale dit avoir constaté l’échec du dialogue social et décidé de durcir le ton. Selon le Dr Ousmane Diba, coordonnateur du collectif, les négociations n’ont pas permis d’obtenir des réponses satisfaisantes aux 22 points de revendication contenus dans le cahier de charges. Les syndicats réclament notamment des mesures sur les cotisations sociales, les effectifs et les conditions de travail. Pour les représentants du personnel, les discussions ne peuvent plus se limiter à des engagements ou à des promesses. « Le dialogue doit produire des décisions, les décisions des actes, et les actes des résultats », soutient le Dr Diba, qui résume la position de l’Intersyndicale par une formule : « La santé n’est pas une promesse. »

L’IRM toujours non opérationnelle

Parmi les principales préoccupations soulevées figure la situation du plateau technique. L’Intersyndicale dénonce notamment la non-opérationnalité de l’IRM installée à l’Hôpital de la Paix, présentée comme un équipement majeur pour la prise en charge des patients de la Casamance. Selon les syndicalistes, cette situation contraint certains patients nécessitant des examens spécialisés à être orientés vers d’autres structures, notamment à Dakar. D’autres équipements seraient également à l’arrêt, notamment la radio numérique télécommandée et la radio panoramique dentaire. Les représentants du personnel signalent par ailleurs des difficultés d’approvisionnement en réactifs nécessaires à certaines analyses biologiques. Pour l’Intersyndicale, ces dysfonctionnements affectent directement la capacité de l’établissement à assurer correctement sa mission de diagnostic et de prise en charge.

Infrastructures : toitures, plafonds et réseaux pointés du doigt

Les syndicats alertent également sur l’état des infrastructures de l’hôpital. Ils évoquent notamment des problèmes affectant certaines toitures et certains plafonds, ainsi que la voirie interne et les canalisations. L’Intersyndicale demande ainsi au ministère de la Santé d’accélérer les travaux de réhabilitation et de modernisation de l’établissement. La question de la gestion des déchets biomédicaux figure également parmi les urgences soulevées. Les syndicalistes réclament notamment une solution durable au problème de l’incinération et de l’élimination des déchets issus des activités de soins.

Une situation financière jugée préoccupante

Autre dossier au cœur des revendications : les finances de l’établissement. L’Intersyndicale dénonce le poids de la dette de l’hôpital et demande une subvention spéciale permettant son apurement. Elle réclame également une subvention d’investissement jugée nécessaire pour permettre à l’établissement de renforcer et de moderniser son plateau technique. Mais les syndicats souhaitent parallèlement davantage de transparence dans la gestion. Ils demandent notamment la nomination d’un auditeur interne afin de contrôler les opérations financières et de contribuer à une meilleure reddition des comptes. Ils réclament aussi l’élection des délégués et représentants du personnel ainsi que la remise en fonction de la commission technique de l’établissement.

Quatre phases de grève prévues en septembre

Après ce qu’elle considère comme l’échec des discussions, l’Intersyndicale a annoncé un deuxième plan d’action pour septembre. Le mouvement prévoit plusieurs journées de grève générale :

  • 3 et 4 septembre : première phase ;
  • 8 et 9 septembre : deuxième phase ;
  • 14 et 15 septembre : troisième phase ;
  • 23 et 24 septembre : quatrième phase.

Chaque séquence doit être suivie d’une évaluation avec la base. Une nouvelle mobilisation est également prévue le 30 septembre, avec un sitting annoncé de 10 heures à 12 heures. L’Intersyndicale prévient que, sans avancées significatives à l’issue de cette journée, elle pourrait engager un troisième plan d’action. Les syndicats assurent toutefois que le service minimum et la prise en charge des urgences seront maintenus durant le mouvement.

« Pour l’hôpital », selon les syndicats

À travers cette mobilisation, l’Intersyndicale affirme vouloir défendre non seulement les intérêts des travailleurs, mais également les conditions de prise en charge des patients.

Elle appelle ainsi les autorités sanitaires à apporter des réponses concrètes aux difficultés soulevées et à engager un dialogue susceptible de déboucher sur des mesures vérifiables.

Pour les syndicats, l’enjeu dépasse donc les seules revendications professionnelles : il s’agit de préserver les capacités de l’un des principaux établissements hospitaliers de la Casamance.

La balle est désormais dans le camp des autorités sanitaires, alors que le calendrier de mobilisation annoncé par l’Intersyndicale devrait placer l’Hôpital de la Paix au centre de l’actualité sociale et sanitaire de Ziguinchor au cours du mois de septembre.

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