L’intersyndicale de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor, regroupant le SAMES, le SNTSS et le SUTSAS, annonce un troisième plan d’action en octobre 2026. Après avoir revendiqué un taux de suivi de 100 % de son deuxième plan, achevé le 30 septembre, elle dénonce l’absence d’accord avec la direction et réclame des réponses urgentes à 22 revendications, dont cinq jugées prioritaires.
La tension reste vive à l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor. Dans son communiqué n° 3, lu par le docteur Ousmane Diba, secrétaire général du SAMES et coordonnateur de l’intersyndicale, les organisations syndicales dressent un bilan critique des démarches entreprises jusque-là et annoncent une intensification de leur mobilisation dès le mois d’octobre.

Selon l’intersyndicale, le deuxième plan d’action, arrivé à son terme le 30 septembre 2026, a enregistré un taux de suivi de 100 %. Les syndicats estiment que les efforts consentis n’ont pas permis d’obtenir des réponses satisfaisantes à leurs préoccupations, malgré les démarches engagées auprès des autorités compétentes.

Un dialogue social dans l’impasse
Les représentants syndicaux déplorent l’absence de signature d’un protocole d’accord officiel avec la direction de l’établissement, malgré leur participation aux démarches menées devant l’Inspection régionale du travail et de la sécurité sociale. L’intersyndicale critique également la rencontre du 10 septembre dernier avec le directeur général des Établissements de santé, qu’elle qualifie de « parodie de dialogue ». Elle y voit une stratégie de diversion plutôt qu’une véritable volonté de trouver des solutions aux difficultés soulevées. Pour les syndicats, cette situation traduit un manque d’engagement des autorités de tutelle et une insuffisante prise en compte des préoccupations du personnel hospitalier. Ils alertent aussi sur les conséquences potentielles de cette crise pour l’accès aux soins des populations de Ziguinchor et, plus largement, de la Casamance.

Vingt-deux revendications, cinq urgences majeures
Au cœur du différend figure une plateforme de 22 revendications portant notamment sur les équipements médicaux, les conditions sociales des travailleurs, les effectifs, les infrastructures et la gouvernance de l’établissement.
Parmi ces revendications, cinq dossiers sont particulièrement mis en avant par l’intersyndicale. Le premier concerne la mise en service effective de l’IRM, un équipement attendu pour renforcer les capacités de diagnostic de l’hôpital au bénéfice des populations de toute la Casamance. Le deuxième porte sur la gestion des déchets biomédicaux. Les syndicats réclament l’installation d’un incinérateur moderne afin d’assurer un traitement sécurisé de ces déchets et de limiter les risques sanitaires et environnementaux. Troisième priorité : la réhabilitation des infrastructures hospitalières. L’intersyndicale demande au ministère de la Santé d’honorer ses engagements concernant la rénovation des toitures, des plafonds, des voiries internes et des réseaux de canalisation dégradés. Les organisations syndicales exigent également l’apurement de la dette de l’hôpital, à travers une subvention spéciale, une évaluation transparente de la situation financière et la mise en place d’un plan de résorption. Enfin, elles réclament des mesures visant à renforcer la gouvernance et la transparence, notamment l’organisation de l’élection des délégués du personnel, le fonctionnement effectif de la commission technique d’établissement et la nomination d’un auditeur interne.

Un troisième plan d’action annoncé en octobre
Face à ce qu’elle considère comme une absence de réponses concrètes, l’intersyndicale entend franchir une nouvelle étape dans son mouvement. Un troisième plan d’action est annoncé au cours du mois d’octobre 2026, avec un durcissement de la mobilisation. Les syndicats affirment ne réclamer aucun privilège, mais les moyens humains, matériels et financiers nécessaires au bon fonctionnement du service public hospitalier. Ils renouvellent, dans le même temps, leur appel aux autorités sanitaires pour l’ouverture de négociations sérieuses, devant aboutir à des engagements précis et à des mesures applicables dans les meilleurs délais.
L’évolution de la situation dépendra désormais de la capacité des différentes parties à renouer le dialogue et à apporter des réponses aux revendications. Pour les populations de Ziguinchor et de la Casamance, l’enjeu dépasse le seul conflit social : il concerne également les conditions de fonctionnement de l’offre publique de soins dans la région.
