Le Sénégal figure parmi les pays les plus avancés d’Afrique de l’Ouest en matière d’intelligence artificielle (IA). Toutefois, cette position régionale honorable contraste avec une stagnation préoccupante dans le classement mondial. C’est le constat dressé par le Rassemblement des entreprises du secteur des technologies de l’information et de la communication (RESTIC), qui appelle à une opérationnalisation accélérée des projets et programmes du New Deal Technologique.

Cette interpellation fait suite à la publication du Global AI Index (GAII), dévoilé le 4 décembre 2025 par l’hebdomadaire britannique The Observer. L’indice évalue 93 pays selon leur niveau d’investissement, d’innovation et de mise en œuvre de l’intelligence artificielle.
Basé sur 108 indicateurs couvrant la période 2020-2025, le GAII mobilise 23 sources de données issues notamment de rapports gouvernementaux, de bases de données publiques d’organisations internationales, de think tanks et d’entreprises privées. Les indicateurs phares portent, entre autres, sur :
- la puissance de calcul informatique,
- les capacités en semi-conducteurs,
- le nombre de start-up spécialisées en IA,
- l’intégration de l’IA dans le secteur public et la digitalisation,
- le capital humain (développeurs IA),
- les datacenters,
- la recherche et développement,
- la gouvernance institutionnelle de l’IA,
- l’innovation et les brevets liés à l’IA.
Un positionnement africain contrasté
Sur les 16 pays africains couverts par l’indice, l’Égypte occupe la première place continentale avec un 47e rang mondial et un score global de 13 points. Elle est suivie par l’Afrique du Sud (54e), le Ghana (61e), l’Algérie (65e), le Maroc (68e), le Nigeria (69e), Maurice (70e) et le Kenya (74e).
Le Sénégal se classe 75e au niveau mondial, se positionnant comme un acteur majeur au sein de l’UEMOA, mais encore loin derrière certains pays africains comparables. La Côte d’Ivoire ferme le Top 10 africain avec une 84e place mondiale.
À l’échelle internationale, les États-Unis dominent largement le classement avec un score de 100 points, devant la Chine, Singapour, le Royaume-Uni et la Corée du Sud.
Un potentiel reconnu, des réformes attendues
Pour le RESTIC, le classement du Sénégal traduit un potentiel réel mais insuffisamment exploité, notamment en raison de lenteurs dans la mise en œuvre des réformes structurantes. L’organisation estime que le pays gagnerait à accélérer les chantiers numériques stratégiques et surtout à réviser, voire réformer en profondeur, le cadre institutionnel de l’intelligence artificielle.
« Le Sénégal dispose d’atouts indéniables, en particulier un capital humain de qualité. Toutefois, sans une gouvernance claire et des investissements massifs, il sera difficile de rivaliser avec des pays comme l’Égypte, le Maroc ou le Kenya », souligne le RESTIC.
Un appel au plus haut niveau de l’État
Face à ces enjeux, le RESTIC invite le Président de la République à faire du numérique et de l’intelligence artificielle un axe central du prochain Conseil présidentiel sur l’investissement et l’environnement des affaires. Selon l’organisation, des investissements ciblés et une gouvernance renforcée de l’IA sont indispensables pour positionner durablement le Sénégal comme un hub technologique africain.
