Lababa Faye, présenté comme un ancien cadre de PASTEF, affirme avoir tourné la page de son engagement au sein du parti. Dans un témoignage rendu public, il explique les raisons de sa désillusion et dit avoir perdu confiance dans le leadership d’Ousmane Sonko.

Selon lui, son adhésion à PASTEF était motivée par une conviction profonde et non par la recherche d’un poste ou d’avantages personnels. Il rappelle avoir traversé les périodes les plus difficiles du mouvement, marquées par les réunions discrètes, les intimidations et les sacrifices consentis par de nombreux militants au nom d’un idéal de justice, de dignité et de respect des institutions.
L’arrivée au pouvoir du projet politique porté par PASTEF avait, dit-il, nourri un immense espoir. Il pensait alors que les responsables mettraient leurs ambitions personnelles de côté afin de servir exclusivement les intérêts du peuple sénégalais.
Mais, selon son récit, cette espérance s’est progressivement estompée. Il affirme avoir constaté un rétrécissement de l’espace de débat interne, où les opinions divergentes étaient de moins en moins tolérées. « Donner un avis différent pouvait être interprété comme une trahison », écrit-il, estimant que plusieurs militants ont préféré se taire tandis que d’autres ont quitté le parti dans la discrétion.
Lababa Faye soutient également que les divergences se sont accentuées lorsque le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a commencé à exercer pleinement les prérogatives que lui confère la Constitution. À ses yeux, deux conceptions du pouvoir se seraient alors opposées : l’une fondée sur le renforcement des institutions, l’autre davantage centrée sur le leadership d’Ousmane Sonko.
Sans appeler à rallier son point de vue, l’ancien responsable affirme vouloir partager son expérience personnelle. Il se dit préoccupé par une société qu’il juge de plus en plus polarisée, où les débats seraient davantage consacrés à la défense des personnalités politiques qu’à la recherche de solutions aux difficultés des populations.
Il rappelle que les priorités des Sénégalais demeurent, selon lui, l’emploi, la baisse du coût de la vie, l’amélioration des systèmes éducatif et sanitaire, le développement de l’agriculture et la création d’opportunités économiques.
« Mon engagement n’a jamais été envers un homme. Il a toujours été envers un idéal », affirme-t-il, avant d’ajouter que « les hommes passent, la République reste ». Il estime que la fidélité aux institutions et au pays doit primer sur la loyauté envers une personnalité politique.
Lababa Faye conclut son témoignage en assurant qu’il continuera à servir le Sénégal dans le respect des valeurs qu’il revendique : la vérité, la loyauté, le courage et le respect des institutions. « L’histoire fera son travail. Quant à moi, je garde la conscience tranquille », conclut-il.
