
À Niolanène, village situé entre les communes de Kaolack et Mbadakhoun, des dizaines d’enfants talibés quittent chaque matin leur daara pour parcourir les rues à la recherche d’aumônes. Mais leur parcours quotidien les expose à deux menaces constantes : la décharge à ciel ouvert et le marigot sans protection.
La décharge : un danger invisible
Aux abords de la décharge, les enfants se faufilent entre les tas d’ordures fumants. Les odeurs nauséabondes se mêlent aux émanations toxiques, tandis que des éclats de verre, des seringues usagées et des ferrailles rouillées jonchent le sol, sur lequel ils avancent souvent pieds nus.
Les risques sont multiples : maladies, blessures, infections, autant de dangers auxquels ces jeunes sont exposés sans aucune protection.
Le marigot : menace constante
À quelques centaines de mètres, le marigot représente un autre péril. Large étendue d’eau stagnante bordée de boue glissante toute l’année, il est dépourvu de garde-fou ou de barrière. Certains enfants y jouent ou tentent de le traverser pour raccourcir leur trajet, avec le risque permanent de noyade.
La dernière tragédie en date, survenue le 14 août 2025, a coûté la vie à deux enfants talibés âgés d’environ 10 et 12 ans. Leurs corps ont été repêchés et transportés à la morgue de l’hôpital régional El Hadj Ibrahima Niass de Kaolack.

Entre survie et péril
Pour ces enfants, mendier est une nécessité, mais ce quotidien les plonge dans un environnement à haut risque, surtout pendant la saison des pluies.
Un habitant rencontré au foirail de Niolanène insiste : « Il est urgent de sécuriser ces lieux et de protéger nos enfants. Mais il faut surtout repenser le système qui les oblige à affronter chaque jour de tels dangers. »
