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Kaolack : la certification des facilitateurs, entre reconnaissance professionnelle et exigence de qualité

À Kaolack, l’Inspection d’Académie a accueilli, ce samedi, une journée de partage dédiée au dispositif de certification des facilitateurs en alphabétisation par la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). Portée par le ministère en charge du secteur, cette initiative vise à mieux reconnaître les compétences acquises sur le terrain par les acteurs de l’alphabétisation.

La rencontre s’est tenue en présence du directeur de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Aliou Fall, accompagné d’une délégation incluant notamment des agents de la Division des examens et concours.

Prenant la parole, l’Inspecteur d’Académie de Kaolack, Samba Diakhaté, a souligné que cette réforme vient corriger une faiblesse structurelle du sous-secteur.

« En matière d’alphabétisation, l’un des problèmes majeurs reste la non-prise en compte des acquis de l’expérience. Certains acteurs cumulent plus de dix ans d’expérience sans reconnaissance officielle, faute d’intégration dans le système formel », a-t-il indiqué.

Longtemps perçue comme une forme de dévalorisation par les acteurs, cette situation est aujourd’hui en voie de correction grâce à la mise en place du dispositif de certification. Celui-ci permettra aux facilitateurs de faire valider leurs compétences et de renforcer leur contribution au développement national.

De son côté, Aliou Fall a insisté sur l’importance stratégique de la VAE, désormais en phase de déploiement à grande échelle. Selon lui, ce mécanisme ouvre de nouvelles perspectives aux facilitateurs tout en améliorant la qualité des enseignements-apprentissages. La rencontre visait ainsi à sensibiliser, informer et renforcer les capacités des acteurs pour une meilleure appropriation du dispositif.

Malgré ces avancées, le sous-secteur reste confronté à des contraintes majeures, notamment le sous-financement. Le Programme national d’éducation des jeunes et des adultes, entièrement financé par l’État, dispose de ressources limitées. À ce jour, environ 500 classes d’alphabétisation sont fonctionnelles à l’échelle nationale, un volume jugé insuffisant au regard des ambitions d’éradication de l’analphabétisme.

Les acteurs ont également rappelé les recommandations issues de la Conférence de Bamako, qui préconisent l’allocation de 3 % du budget national au secteur — un objectif encore loin d’être atteint.

Cette journée de partage apparaît ainsi comme une étape clé vers la professionnalisation des acteurs de l’alphabétisation, tout en relançant le débat sur les moyens nécessaires pour relever durablement les défis du secteur.

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