Le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal (SUDES) a célébré ses 50 ans d’existence à travers une série d’activités marquées par des visites d’établissements scolaires, des rencontres avec les enseignants et des hommages rendus aux figures historiques du mouvement syndical éducatif.

À cette occasion, le secrétaire général national du SUDES, Ibrahima Guèye, a dressé un tableau préoccupant de la situation de l’école sénégalaise, tout en réaffirmant le rôle essentiel des enseignants dans le système éducatif.
« Le SUDES est né le 20 avril 1976. Nous sommes en 2026, le SUDES a déjà 50 ans », a rappelé le responsable syndical devant une assemblée composée d’enseignants, d’anciens militants et de responsables syndicaux. Selon lui, ce jubilé constitue avant tout un moment de réflexion sur les défis auxquels fait face l’éducation nationale.
Durant une semaine, les responsables du syndicat ont sillonné plusieurs établissements scolaires afin d’échanger avec les enseignants sur les difficultés rencontrées dans le secteur. Ces concertations interviennent dans un contexte marqué par des tensions dans le milieu scolaire et des contestations autour de certains accords signés avec l’État.
« Il était important d’échanger avec nos camarades pour voir quelles sont aujourd’hui leurs attentes par rapport à notre organisation syndicale », a expliqué Ibrahima Guèye.
La cérémonie a également été ponctuée de témoignages émouvants retraçant l’histoire militante du syndicat. Le parcours de Fatoumata Lamarana Sarr a particulièrement marqué l’assistance. Selon les témoignages, elle aurait quitté ses nouveau-nés pour participer à un congrès syndical, symbole de l’engagement ayant façonné l’histoire du SUDES.
Autre moment fort, l’intervention de Maurice Warore, qui a évoqué les initiatives menées par des enseignants en Casamance durant les années de conflit. « Ils allaient à la rencontre des rebelles et certains d’entre eux ont été formés pour devenir enseignants et sont aujourd’hui fonctionnaires », a-t-il témoigné.
Pour le secrétaire général du syndicat, ces récits démontrent que « le SUDES n’est pas simplement un syndicat, mais une véritable institution ».
Abordant la situation actuelle de l’école sénégalaise, Ibrahima Guèye a dénoncé plusieurs dysfonctionnements, notamment l’inadéquation entre les programmes, les infrastructures et les ressources humaines disponibles.
« Vous ne pouvez pas avoir une école performante si les enseignants sont démotivés, mal payés ou confrontés à des retards dans leurs avancements », a-t-il soutenu, tout en regrettant la persistance des abris provisoires dans plusieurs établissements.
Le responsable syndical a également interpellé l’État sur le respect des accords signés avec les syndicats d’enseignants. Selon lui, certaines revendications actuelles concernent encore des engagements datant de 2003, preuve que « le système éducatif sénégalais est malade ».
Enfin, Ibrahima Guèye s’est prononcé sur les enjeux liés à l’intelligence artificielle dans l’éducation. S’il reconnaît l’importance croissante de ces technologies, il estime qu’elles ne sauraient remplacer l’enseignant.
« L’intelligence artificielle ne peut en aucune façon remplacer la personne humaine, puisque c’est l’homme qui lui donne les instructions », a-t-il affirmé, plaidant pour une meilleure appropriation de ces outils par les enseignants afin d’améliorer les apprentissages.
À travers cette célébration du cinquantenaire, le SUDES entend ainsi réaffirmer son engagement historique pour une école sénégalaise plus performante, plus équitable et adaptée aux défis contemporains.
