Kaolack : les habitants des Abattoirs dénoncent la « privatisation » d’une réserve foncière destinée aux équipements publics

La tension monte au quartier des Abattoirs, dans la commune de Kaolack. Réunis ce vendredi 3 juillet 2026, les habitants ont élevé la voix pour dénoncer l’attribution d’une partie d’une réserve foncière qu’ils jugent stratégique pour le développement futur de leur quartier.

Les populations demandent aux autorités de suspendre immédiatement toute procédure d’affectation ou de délivrance de bail sur ce site. Elles pointent notamment le cas d’un particulier, identifié sous le nom de M. Dieng, qui aurait déjà entamé des travaux de construction sur une portion du terrain.

Selon les habitants, la parcelle concernée, estimée à environ 80 mètres de long sur 15 mètres de large, fait partie d’une réserve foncière conservée depuis plusieurs années en vue de la réalisation d’infrastructures publiques.

Pour les riverains, céder cet espace à des particuliers reviendrait à compromettre durablement les perspectives de développement du quartier. Ils rappellent que les Abattoirs souffrent d’un manque criant d’équipements collectifs, notamment dans le domaine de l’éducation.

« Le quartier ne dispose toujours pas de lycée. Nos enfants sont contraints de parcourir de longues distances pour poursuivre leurs études secondaires », déplore le porte-parole des populations, Moussa Dieng. Il précise que des démarches sont actuellement engagées auprès des autorités afin d’obtenir la construction d’un établissement scolaire sur cette réserve.

Les préoccupations concernent également le secteur de la santé. Les habitants soulignent que le quartier, qui compte plusieurs centaines de résidents, ne dispose que d’un ancien poste de santé devenu insuffisant face aux besoins croissants de la population.

« Nous pensons à l’avenir de nos enfants. Si cet espace est attribué à des particuliers, où construirons-nous le lycée, le centre de santé ou les autres infrastructures indispensables au développement du quartier ? », s’interroge Moussa Dieng.

Les populations rappellent également qu’au cours d’une précédente visite dans la localité, un ancien président de la République avait constaté l’occupation anarchique de cette réserve foncière et demandé aux autorités compétentes de prendre les mesures nécessaires pour en assurer la préservation.

Face à ce qu’elles considèrent comme une menace pour l’intérêt général, les populations des Abattoirs annoncent rester mobilisées. Elles appellent l’État, les autorités administratives et municipales à mettre fin à toute opération d’attribution sur cette réserve afin de préserver le foncier destiné aux futurs équipements publics dont le quartier a cruellement besoin.

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