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Kaolack – Société : Neuf hameaux de la commune de Thiaré totalement isolés, faute d’accès routier !

Au cœur des zones rurales de la commune de Thiaré, dans le département de Kaolack, neuf hameaux vivent dans un isolement quasi-total. En l’absence de routes praticables, ces localités restent coupées du reste du pays, particulièrement en saison des pluies. Les conséquences sont dramatiques : accès restreint aux soins de santé, difficultés d’accès à l’éducation et ralentissement des activités économiques.

Dans les villages de Thîakho Maty, Ndame Rotte, Keur Sette, Taïf, Médina Babou, Taïba Serigne, Keur Mothe Coumba, Thianga Elhadji et Thianga Djibel, situés à l’extrême Est de la commune de Ndoffane, les habitants sont contraints de marcher pendant des heures ou d’emprunter des charrettes et des vélos-taxis pour atteindre le poste de santé le plus proche. Durant l’hivernage, les rares pistes deviennent des bourbiers impraticables.

“Quand une femme enceinte fait une complication, parfois on ne peut pas la sauver. Nous avons déjà perdu des mères et des bébés à cause du retard d’évacuation. Faute de transport, beaucoup renoncent aux consultations prénatales ou aux vaccinations, ce qui augmente la mortalité maternelle et infantile”, alerte Djim Sall, porte-parole des habitants de Thîakho Maty.

Pendant la saison des pluies, les moyens de transport se réduisent drastiquement. Les charrettes et les vélos-taxis, seuls recours disponibles, peinent à avancer dans la boue. Les véhicules motorisés, eux, désertent totalement la zone, témoigne à nouveau Djim Sall.

L’économie locale, essentiellement basée sur l’agriculture et le petit commerce, est elle aussi lourdement affectée. Les produits maraîchers ne peuvent être acheminés vers les marchés de Kaolack ou des localités voisines. Résultat : des pertes énormes pour les producteurs.

“Nos récoltes pourrissent sur place ou se vendent à vil prix. Sans accès aux marchés, nous perdons l’essentiel de nos revenus”, déplore, sous couvert d’anonymat, un cultivateur de Keur Sette. “Même les commerçants refusent parfois de venir jusqu’ici pour acheter nos produits.”

Outre les pertes économiques, les jeunes, faute d’infrastructures et de perspectives, migrent vers les villes ou vers l’étranger, accentuant la désertification de ces territoires déjà fragiles.

Face à cette situation alarmante, les habitants des neuf hameaux lancent un cri du cœur aux autorités locales et nationales. Ils réclament, de toute urgence, des investissements dans les infrastructures routières rurales, pour désenclaver la zone et garantir l’accès aux services sociaux de base.

“Nous ne demandons pas des autoroutes. Juste des pistes bien aménagées, praticables toute l’année. Cela changerait radicalement notre quotidien”, plaide Djim Sall.

Alors que le gouvernement multiplie les annonces sur la territorialisation des politiques publiques et l’équité territoriale, les populations de Thiaré attendent des actes concrets. Pour elles, la route n’est pas seulement une infrastructure, c’est une question de survie, de dignité et de développement.

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