
Walaldek, localité située dans la commune de Ndiaffate, région de Kaolack, fait face à une série de défis environnementaux et infrastructurels qui compromettent gravement son développement. Parmi les maux les plus criants : la salinisation progressive des terres, le manque d’eau et le mauvais état des routes.
Selon Samba Ba, coordonnateur du syndicat populaire And Suxali Waladeck, la situation est alarmante : « Avant, ici, on récoltait du riz deux fois par an. Aujourd’hui, même le mil a du mal à pousser. La remontée incontrôlée des sels, aggravée par les effets du changement climatique, a rendu plusieurs hectares incultivables. »
Dans cette zone à forte vocation agricole, des centaines de familles dépendent des cultures vivrières. Mais avec la dégradation des terres, les rendements agricoles chutent, poussant de nombreux jeunes à quitter les campagnes pour tenter leur chance en ville, ou même à l’étranger. « C’est un des facteurs qui favorise l’immigration irrégulière dans la zone », a-t-il précisé.
Le manque d’infrastructures routières complique davantage la vie des habitants. Pendant la saison des pluies, les pistes en latérite deviennent impraticables : « On ne peut plus aller vendre nos produits au marché. Les ambulances refusent parfois de venir, car les routes sont coupées. Les enfants, eux, parcourent plusieurs kilomètres à pied pour se rendre à l’école, souvent retardés ou bloqués par la boue », déplore M. Ba.
Les agriculteurs et commerçants souffrent d’un isolement économique croissant. Les récoltes pourrissent faute d’écoulement, les coûts de transport flambent, et cela se répercute sur les prix à la consommation.
Pour Samba Ba, « La problématique des routes rurales est au cœur des enjeux de développement. Sans une politique ambitieuse de désenclavement, les efforts en éducation, santé ou agriculture resteront vains. »
Mais plus urgent encore : la pénurie d’eau. « L’eau est devenue notre principale préoccupation. Cela fait dix ans qu’on nous promet un nouveau forage. Nous sommes fatigués des promesses non tenues », s’insurge-t-il.
Face à la presse ce mercredi 7 mai 2025, le porte-parole des populations de Waladeck a lancé un appel pressant aux autorités, exigeant des actions concrètes pour sauver cette localité menacée par l’abandon.
