
Située entre les communes de Latmingué et de Ndiaffate, la localité de Koutal et plus de 25 villages environnants vivent une crise profonde d’accès à l’eau potable. Malgré la présence d’un forage historiquement mis en place par la Caritas dans un esprit de solidarité, les conditions actuelles de gestion par la structure Flex Eau suscitent de vives inquiétudes parmi les populations.
Ce forage, censé alimenter plus de 2000 foyers, soit une population estimée à plus de 12 000 habitants, ne parvient plus à satisfaire les besoins élémentaires en eau. « Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une gestion chaotique qui aggrave la précarité », alerte Abdourahmane Sy, porte-parole des populations.

Le réseau de distribution, vétuste et mal entretenu, est régulièrement perturbé par des fuites et des casses, entraînant des coupures prolongées et imprévisibles. Les réparations se font dans l’urgence, sans plan d’entretien structuré, accentuant la fragilité du système.
Autre motif d’indignation : le coût de l’eau jugé excessif au regard du niveau de vie local. « Nous payons un prix anormalement élevé pour un service aléatoire. En zone rurale, cela crée une inégalité flagrante », dénonce M. Sy. Il déplore également que la moindre panne électrique entraîne l’arrêt de l’alimentation en eau, en raison du manque de carburant pour le groupe électrogène pourtant offert à cet effet.
Pire encore, l’eau délivrée est fortement salée et souvent impropre à la consommation, obligeant de nombreuses familles à recourir à d’autres sources, au risque de leur santé. En outre, des frais supplémentaires sont imposés aux usagers pour le nettoyage des compteurs, facturé à 1 000 francs CFA, même lorsqu’il s’agit d’un encrassement normal.

Face à cette situation intenable, les populations de Koutal et des 25 villages bénéficiaires du forage lancent un appel pressant aux autorités, notamment au Ministère de l’Hydraulique, pour qu’une réponse structurelle soit apportée.
« Il est impératif que notre zone soit intégrée à la phase 2 du Projet national d’approvisionnement en eau potable, afin que nos communautés aient enfin accès à une eau potable, en quantité suffisante, à un coût équitable », plaide le porte-parole.
Les habitants appellent également à une revue de la gouvernance locale du forage, à plus de transparence, et à une implication effective des comités de gestion villageois.

