
Un Etat est une affaire sérieuse. Ce n’est pas pour rien que le peuple lui a confié ses oreilles, ses yeux, sa bouche, ses mains, ses pieds..Bref, son corps entier avec des moyens pour lui garantir sécurité, tranquilité et bien-être.
Ces dernières années, l’Etat semble être velléitaire ou, du moins, ne rive plus ses yeux sur les préoccupations socio-économiques des citoyens. Dans un Etat sérieux, ce n’est pas qui veut, adopte ou garde des bébés. La garde des enfants est assujettie à des règles et principes rigoureux : formation, enquête de moralité, bonnes mœurs…Les pays qui ont adopté ce système ont compris cette assertion du sage de Bandiagara: Un enfant est une feuille blanche où on peut imprimer ce qu’on veut. Piaget disait: « Donne-moi un enfant, j’en ferai ce que je veux ». L’autorisation d’accueillir des enfants doit être soumise, d’ores et déjà, à des conditions rigoureuses.
Leur vie n’est-elle pas sacrée?
Ces pauvres enfants qui n’ont pas demandé à naître sont devenus les agneaux de la négligence ou du sacrifice. Une dizaine de bébés morts dans des conditions obscures, des bébés jetés dans des poubelles, dévorés par des chiens rôdeurs, des négligences médicales entraînant et la mort des bébés et celle de leurs génitrices.
La seule mesure à prendre est, pour calmer les ardeurs, la destitution de ministre. Aucune enquête sérieuse, aucun suivi, les dossiers sont toujours mis sous le boisseau.
Pourquoi les mêmes épisodes?
En matière pénale, le principe de la dissuasion est fondamental, qui voudrait que les auteurs reconnus coupables soient sanctionnés selon leur degré de responsabilité pour qu’ils ne récidivent pas et servent d’exemples aux autres. La sanction n’est qu’éphémère et euphorique. C’est pourquoi, l’impunité, la négligence, le je-m’en-foutisme ne troublent plus personne. L’anomie, pour parler comme Emile Durkheim, guette notre société.
Pour sortir de l’ornière…..
Au-delà de leur désir de se débarrasser de leurs bébés pour fuir l’opprobre de leurs familles et de la société en général, ces pauvres femmes désespérées (étudiantes, femmes divorcées, femmes mariées) ont besoin d’un accompagnement psycho-social pour leur santé mentale, leur bien-être et leur réintégration dans le tissu social.
L’ Etat doit mettre en place des centres d’accueil durables gérés par des professionnels (travailleurs sociaux, psychologues….) afin d’offrir un cadre sécuritaire à ces pauvres enfants et à leurs mamans.
LY Ismaila, assistant social.
