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Les fosses septiques, un danger silencieux a Kaolack : le RECVFS tire la sonnette d’alarme

À Kaolack, une menace invisible progresse lentement mais sûrement. Silencieuse, sans fumée ni sirène d’alarme, elle s’infiltre pourtant dans les sols, les eaux et le quotidien des populations. Cette menace porte un nom : les boues issues des fosses septiques, désormais privées de tout site officiel de déversement.

Dans cette ville carrefour du centre du Sénégal, où l’urbanisation avance plus vite que les infrastructures, l’assainissement est devenu l’un des maillons faibles de la protection de l’environnement. Chaque opération de vidange soulève aujourd’hui une question cruciale : où vont réellement ces déchets hautement polluants ?

Faute d’alternative réglementée, certaines boues sont déversées en pleine nature — dans des champs, des zones humides ou aux abords des quartiers périphériques. Une pratique dangereuse qui transforme ces espaces en foyers de pollution chronique, menaçant directement les nappes phréatiques, les terres agricoles et la biodiversité locale.

Les conséquences sont multiples et alarmantes. La contamination progressive des sols compromet la qualité des cultures, tandis que l’infiltration des déchets dans le sous-sol fait peser un risque majeur sur les ressources en eau utilisées par les populations. À moyen terme, les spécialistes redoutent une recrudescence de maladies hydriques, souvent difficiles à identifier, mais aux effets sanitaires dévastateurs.

Alerté par la gravité de la situation, le Regroupement de l’exploitation des carrières et des vidangeurs des fosses septiques (RECVFS) sort de sa réserve. Son président, Yoro Diouf, tire la sonnette d’alarme : « Ce que nous vivons aujourd’hui est un véritable danger environnemental. Sans site sécurisé, c’est toute la ville qui est exposée à une pollution durable », avertit-il.

Pour les professionnels du secteur, l’urgence dépasse désormais les seules considérations économiques ou organisationnelles. Elle est écologique et sanitaire. Kaolack produit quotidiennement d’importants volumes de boues de vidange, sans disposer d’aucune infrastructure de traitement adaptée. Un paradoxe préoccupant pour une ville qui aspire au développement urbain et à la modernité.

Au-delà du constat, une question demeure : combien de temps encore Kaolack peut-elle ignorer cette bombe environnementale à retardement ?

Car en matière d’assainissement, le coût de l’inaction ne se mesure pas immédiatement. Il se paie plus tard, dans la dégradation irréversible des écosystèmes, la raréfaction de l’eau potable et la détérioration durable de la santé publique.

Face à cette situation critique, les acteurs du secteur appellent à des décisions fortes : création urgente d’un site de déversement contrôlé, encadrement strict des pratiques de vidange, et intégration effective de la gestion des boues dans les politiques environnementales et urbaines locales.

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