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L’ÉTAT N’EST PAS UN CIRQUE : La Méthode Dossier écrase le populisme de tribune (Par Lababa FAYE)

Il faut cesser l’hypocrisie. Ce pays ne se gouverne pas à coups de “lives”, de punchlines et d’indignations calibrées pour les réseaux sociaux. La Présidence n’est ni un plateau télé ni une arène de gladiateurs. Elle est le centre nerveux de la décision nationale. Ceux qui réclament du vacarme confondent autorité et agitation. Ils confondent posture et puissance.

Le fantasme du chef “imposant”

Une frange bruyante de commentateurs rêve d’un Chef d’État spectaculaire : déclarations enflammées, menaces publiques, indignations martiales. Bref, du théâtre.
Ce fantasme révèle surtout une immaturité politique.
Un État sérieux ne gesticule pas. Il agit.
L’autorité ne se mesure pas à la décibellisation d’un discours, mais à la capacité à produire des résultats concrets. Ceux qui exigent du bruit veulent des sensations. Ceux qui gouvernent cherchent des solutions.

Rabat : la diplomatie n’est pas un concours de virilité

Dans l’affaire des supporters sénégalais détenus au Maroc, les procureurs de plateau réclamaient des invectives publiques. Certains voulaient un bras de fer médiatique avec le Royaume chérifien, comme si la diplomatie était une bataille de commentaires Facebook.
Quelle irresponsabilité.
Intervenir bruyamment dans une procédure judiciaire étrangère aurait été une faute stratégique. Cela aurait braqué l’appareil d’État marocain et compromis la situation des compatriotes concernés.
Le Président Bassirou Diomaye Faye a choisi la voie adulte : la correspondance officielle et le dialogue institutionnel avec Mohammed VI.
Pas de spectacle.
Pas de posture viriliste.
Pas de diplomatie de réseaux sociaux.
En diplomatie, le bruit ferme les portes. La méthode les ouvre.
Le populisme voulait des “likes”. L’État voulait des résultats.

L’UCAD : gouverner, ce n’est pas faire un show

La gestion de la crise à l’Université Cheikh Anta Diop offre un second exemple révélateur.
Là encore, la tentation du spectacle aurait été facile : conférences improvisées, promesses tonitruantes, surenchère verbale devant les caméras. À la place, le Chef de l’État a opté pour des rencontres sobres, sans mise en scène médiatique.
Pourquoi ? Parce que les crises universitaires ne se résolvent pas par des slogans, mais par des chiffres, des arbitrages budgétaires et une lecture rigoureuse des contraintes financières. La question des bourses, des capacités d’accueil, des équilibres budgétaires ne supporte ni l’improvisation ni l’émotion.
En traitant le fond plutôt que la forme, la méthode a permis d’apaiser une situation qui pouvait devenir explosive. Le populisme flatte une colère ; la méthode sécurise un avenir.
La crise à l’Université Cheikh Anta Diop aurait pu devenir un cirque médiatique de plus. Promesses tonitruantes, caméras braquées, discours grandiloquents devant des étudiants en colère.
Ce fut l’inverse.
Rencontres sans mise en scène.
Travail sur les chiffres.
Analyse des lignes budgétaires.
Traitement technique des bourses et des contraintes structurelles.
Ce choix a frustré les amateurs de sensationnel. Mais, il a désamorcé une bombe sociale.
Le populisme flatte une foule pour une nuit.
La méthode sécurise une institution pour des années.

La fin de la politique-spectacle

Ceux qui attaquent le silence stratégique du Président Diomaye sont les nostalgiques d’une politique de l’émotion permanente. Une politique où l’on parle beaucoup pour masquer le vide.
Le Sénégal n’a plus besoin de commentateurs en chef.
Il a besoin d’un État qui fonctionne. Être imposant, ce n’est pas hurler.
C’est arbitrer. C’est décider. C’est obtenir.
La «Méthode Dossier» n’est pas spectaculaire. Elle est, redoutablement, efficace. Elle refuse le populisme de tribune, cette drogue politique qui excite les foules mais, affaiblit les institutions.
Un pays ne se transforme pas par des clashs. Il se transforme par la discipline, la rigueur et la constance.
Une démocratie mature ne peut pas être gouvernée à la cadence des réseaux sociaux. La «politique du micro» permanent transforme chaque sujet en polémique et chaque difficulté en occasion de posture. Or, être imposant ne signifie pas être omniprésent. Être fort ne signifie pas être bruyant.
La véritable autorité consiste à imposer le rythme des réformes, à arbitrer avec rigueur, à décider avec sang-froid. La gouvernance par dossier (cette «Méthode Dossier») est exigeante, parfois frustrante pour les amateurs de clash, mais elle renforce l’État.
Le populisme de tribune nourrit l’émotion. La méthode institutionnelle construit la souveraineté.
Le Sénégal entre dans une phase où la maturité institutionnelle doit primer sur l’agitation. Ceux qui confondent leadership et performance médiatique devront s’y habituer : la gouvernance ne se fera plus à la dictature du micro.
L’État n’est pas un cirque. Il est une machine stratégique.
Et dans une machine stratégique, le vacarme est un parasite. La méthode, elle, est une force.

Pour un État de résultats

Le Sénégal traverse une phase décisive de son histoire politique. Les attentes sont immenses. Les frustrations aussi. Dans ce contexte, la tentation du spectacle est forte.
Mais un pays ne se transforme pas par des effets d’annonce. Il se transforme par une discipline stratégique, une diplomatie maîtrisée et une gestion technique des crises.
L’État n’est pas un ring.
Il est une architecture.
Et dans cette architecture, ce ne sont pas les cris qui portent les murs, mais, la solidité des fondations.

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