
À Ziguinchor, comme dans d’autres régions du Sénégal, les jeunes sont exposés à diverses formes de cybercriminalité. C’est dans ce contexte que la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale du Ministère de la Justice a initié un atelier de formation pour lutter contre ce fléau.
Selon Madame Gassama Tall, Directrice de la Protection judiciaire et sociale du Ministère de la Justice , « la Direction de la Protection Judiciaire et Sociale (DPJS), au sein du Ministère de la Justice du Sénégal, a pour mission principale d’assurer la protection des droits des personnes vulnérables, notamment les mineurs, les femmes victimes de violences et les personnes en situation de marginalisation. Dans le cadre de notre travail, nous avons reçu une subvention de trois millions d’euros du gouvernement italien pour renforcer notre dispositif de prise en charge. Et c’est dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme que nous organisons aujourd’hui cet atelier de formation sur les nouvelles formes de violences liées aux technologies de l’information. Cette formation s’adresse aux éducateurs spécialisés relevant de la Cour d’appel de Ziguinchor. »

À l’en croire, le choix du thème a été guidé par une forte préoccupation des autorités judiciaires. « On constate un développement fulgurant du numérique. Les enfants sont particulièrement exposés aux dangers liés aux TIC, et ils utilisent de plus en plus Internet. Le dernier rapport de l’ARTP, datant de 2023, révèle que 62 % des utilisateurs d’Internet au Sénégal ont moins de 25 ans. Il existe de nombreux risques liés à la cybercriminalité. En 2022 déjà, nous avons enregistré trois cas de signalement de radicalisation dans la région de Ziguinchor. En 2023, nous avons reçu des signalements concernant l’exploitation sexuelle d’enfants. Nous avons donc décidé de renforcer les capacités des éducateurs pour qu’ils puissent mieux identifier ces formes de violence et sensibiliser les communautés. Aujourd’hui, le procureur général près de la Cour d’appel de Ziguinchor était présent. Le premier président, empêché, s’est fait représenter par son secrétaire général. Nous pensons que tous les acteurs impliqués dans la prise en charge de ces violences doivent être formés afin d’assurer une meilleure protection des victimes. » Elle ajoute que le projet ne se limite pas à l’information : « Il comprend également un vaste programme de construction d’infrastructures. Aujourd’hui, nous sommes à Ziguinchor, mais demain nous serons à Kolda, car il est prévu d’y construire un centre de premier accueil. Ces régions n’en disposent pas encore, et ces centres sont essentiels : ils représentent le premier maillon de la chaîne de prise en charge des enfants en situation de vulnérabilité. Ce travail s’inscrit dans la continuité de nos actions quotidiennes à travers les services AEMO. Nous avons l’obligation de protéger ces enfants. »
