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Mame Bassine Niang : La Première femme avocate noire au barreau de Dakar (par PAS)

En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous avons choisi de vous présenter l’histoire de la première femme avocate noire au Barreau de Dakar : Mame Bassine Niang.


Cette femme d’exception, par son engagement et sa vision, a tracé un chemin de justice et d’émancipation, inspirant des générations entières à croire en la possibilité du changement. À travers son parcours, elle incarne l’espoir et la résilience, tout en rappelant que la lutte pour l’égalité des sexes passe par des pionnières comme elle.

Mame Bassine Niang voit le jour en 1951 dans la région de Tambacounda, au Sénégal oriental. Dès son jeune âge, elle se distingue par une ambition qui dépasse les limites imposées par sa société. Brillante élève, elle obtient son baccalauréat avant même de terminer ses études secondaires et s’envole pour la France, où elle intègre l’Université d’Aix-en-Provence pour des études de droit.

Malgré l’éloignement et les défis liés à sa condition de femme noire évoluant dans un milieu majoritairement blanc et masculin, elle excelle. Son retour au Sénégal dans les années 1970 marque un tournant non seulement pour elle, mais aussi pour toutes les femmes du pays.

En 1975, Mame Bassine Niang devient la première femme noire admise au Barreau de Dakar. Cet exploit est bien plus qu’une victoire personnelle ; il symbolise une avancée majeure pour les femmes sénégalaises dans leur quête d’égalité et de reconnaissance professionnelle.

Mais être avocate ne suffisait pas à Mame Bassine Niang. Convaincue que le droit était un levier pour transformer la société, elle s’engage pleinement dans la défense des droits humains et dans la lutte pour la justice sociale.

Co-fondatrice de l’Association des juristes sénégalaises (AJS), Mame Bassine Niang consacre une grande partie de sa carrière à l’amélioration des conditions des femmes. L’AJS s’attaque aux inégalités légales, sensibilise les populations sur les violences faites aux femmes et milite pour des réformes législatives favorisant l’égalité de genre.

Elle devient également la première présidente de l’Organisation nationale des droits de l’Homme (ONDH) au Sénégal. Ce poste lui permet de mener des campagnes pour la démocratie et les libertés fondamentales, notamment dans des périodes où le pays traverse des tensions politiques.

Mame Bassine Niang croyait fermement en la capacité des femmes à transformer la société. Pour elle, l’émancipation féminine ne pouvait se réaliser sans la justice et l’éducation. Ses mots résonnent encore : « Si une femme comprend la loi, elle comprend sa valeur. »

Elle a également joué un rôle déterminant dans les débats ayant conduit à l’adoption de la loi sur la parité au Sénégal, mettant en lumière les obstacles structurels auxquels les femmes sont confrontées dans les sphères décisionnelles.

Mame Bassine Niang s’éteint le 27 septembre 2013, mais son héritage demeure vivant. Ses actions et son influence continuent d’inspirer une nouvelle génération de femmes leaders et militantes. Aujourd’hui encore, les juristes sénégalaises reconnaissent qu’elles lui doivent une partie de leur place dans un domaine où elle a été une pionnière.

Sa vie et son parcours illustrent que l’émancipation ne se limite pas à des discours, mais qu’elle se construit à travers des actes concrets et une détermination sans faille.

Mame Bassine Niang ne se contentait pas de défendre ses clients ; elle plaidait pour un monde meilleur, un monde où la justice est équitable, et où chaque femme peut rêver sans limite.

En ce jour où nous rappelons l’importance d’éliminer les violences faites aux femmes, honorons la mémoire de cette femme qui a montré qu’il est possible de transformer les oppressions en opportunités, et les luttes en victoires durables.

P.A.S

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