Lors de l’inauguration du Marché Central au Poisson de Thiès, la Ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Dr Fatou Diouf, a livré un discours à forte portée politique et stratégique, inscrivant l’événement dans une vision globale de transformation du secteur halieutique sénégalais. Plus qu’une simple cérémonie, la rencontre a servi de tribune pour réaffirmer la place centrale de la pêche dans le projet de souveraineté alimentaire porté par les nouvelles autorités.

Dès l’entame de son intervention, la ministre a rappelé que cette réalisation s’inscrit dans la dynamique de refondation impulsée par le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et mise en œuvre par le Gouvernement sous la coordination du Premier ministre Ousmane Sonko. Une dynamique qui, selon elle, repose sur des choix clairs : rompre avec les modèles dépassés et bâtir une économie productive, souveraine et territorialisée.
Pour Dr Fatou Diouf, l’inauguration du Marché Central au Poisson de Thiès constitue avant tout un acte politique fort. « La pêche n’est pas un secteur marginal », a-t-elle martelé, la présentant comme un pilier stratégique de l’emploi, de la cohésion sociale et de la dignité des territoires côtiers et de l’arrière-pays. À travers ce message, la ministre a voulu réhabiliter un secteur longtemps relégué au second plan, malgré son poids économique et social.
Dans son analyse, la région de Thiès occupe une place singulière. Elle n’est ni un simple point de passage ni une zone périphérique, mais un véritable carrefour halieutique reliant production, transformation et consommation. En valorisant le rôle des pêcheurs, mareyeurs, femmes transformatrices, jeunes et entrepreneurs locaux, la ministre a insisté sur la nécessité de reconnaître et de renforcer les dynamiques économiques déjà à l’œuvre sur le terrain.

Le discours a également mis en lumière une lecture lucide des faiblesses structurelles qui ont longtemps freiné le plein potentiel du secteur : pertes importantes, faible captation de la valeur ajoutée et organisation insuffisante des circuits. Pour Dr Fatou Diouf, ces contraintes ne sont pas une fatalité, mais le résultat de choix historiques qu’il convient désormais de corriger par une action publique cohérente et volontariste.
C’est dans ce sens que la ministre a inscrit le Marché Central au Poisson de Thiès dans la Lettre de Politique Sectorielle 2025-2029 de son département. Elle y voit un outil concret de modernisation, mais surtout un instrument de régulation, de formalisation et de justice économique au profit des acteurs de la pêche. À travers cette infrastructure, l’État entend assumer pleinement son rôle de stratège et de garant de l’intérêt général.
Dr Fatou Diouf a également insisté sur la rupture avec l’informel et la précarité, annonçant l’avènement d’un mode de gestion moderne, transparent et professionnel. Toutefois, elle a rappelé que la réussite du projet dépendra avant tout de l’appropriation par ses bénéficiaires. Le respect des normes, la discipline collective et la responsabilité des acteurs ont été présentés comme des conditions essentielles à la durabilité du marché.

Enfin, la ministre a rendu un hommage appuyé aux institutions, collectivités territoriales et partenaires techniques ayant contribué à la réalisation du projet, saluant particulièrement l’engagement de l’Agence nationale des Affaires maritimes. Pour elle, cette expérience démontre que des structures nationales peuvent porter des projets d’envergure, financés sur ressources propres, au service du développement territorial.
En conclusion, Dr Fatou Diouf a présenté le Marché Central au Poisson de Thiès comme un jalon du Sénégal de demain : un Sénégal souverain, juste et durable, où chaque infrastructure publique devient un levier de transformation économique et sociale. Un message clair : la pêche est désormais au cœur de l’agenda stratégique national.

